Les députés britanniques rejettent massivement l’accord de Brexit

<p>La fébrilité régnait également autour du Parlement de Westminster, où se sont rassemblés militants pro et anti-Brexit, drapeaux du Royaume-Uni ou de l’UE à la main.</p>
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse

La fébrilité régnait également autour du Parlement de Westminster, où se sont rassemblés militants pro et anti-Brexit, drapeaux du Royaume-Uni ou de l’UE à la main.

Les députés britanniques ont rejeté massivement l’accord de divorce conclu avec l’UE par la première ministre Theresa May, aggravant l’incertitude sur l’avenir du Royaume-Uni.

Ils s'y ont opposé à 432 voix contre 202.

Voyez l'annonce du résultat du vote à la Chambre des communes britannique

 

 

Le Royaume-Uni doit en principe quitter l’UE le 29 mars.

Le vote a ravivé les passions dans un pays profondément divisé par le Brexit, voté en juin 2016, et a ouvert une période de turbulences inédite, la classe politique britannique se montrant incapable de se mettre d’accord sur le type de relation souhaité avec l’UE, entre partisans d’une rupture franche et ceux qui souhaitent le maintien de liens étroits.

La tension était palpable dans les milieux financiers, prêts à faire face à une forte volatilité des actifs britanniques, livre sterling en tête. La puissante Association des constructeurs et des vendeurs automobiles (SMMT) a, elle, mis en garde contre « les conséquences catastrophiques » d’une sortie sans accord.

La fébrilité régnait également autour du Parlement de Westminster, où se sont rassemblés militants pro et anti-Brexit, drapeaux du Royaume-Uni ou de l’UE à la main.

Les partisans d’un second référendum mettaient en scène une Theresa May en carton-pâte à la proue d’un bateau HMS Brexit en train de foncer sur un iceberg, tel le Titanic.

Initialement prévu en décembre, le vote avait été reporté à la dernière minute par Mme May pour éviter une défaite annoncée et tenter d’obtenir des « assurances » supplémentaires des dirigeants européens.

Ceux-ci se sont contentés de réaffirmer la veille du vote que l’UE « ne souhaite pas » l’entrée en vigueur de la disposition la plus controversée de l’accord, celle du « filet de sécurité » (backstop).

Cette option de dernier recours prévoit de maintenir le Royaume-Uni dans une Union douanière avec l’UE pour éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, si aucune autre solution n’est trouvée à l’issue de la période de transition.

Les « Brexiters » y voient une forme d’ancrage indéfini dans l’UE et le petit parti unioniste nord-irlandais DUP considère que cela menace l’intégrité économique et politique du Royaume-Uni.

Ces garanties ont laissé froid le DUP, dont le soutien est indispensable à Theresa May pour disposer d’une majorité absolue au Parlement. « Nous avons combattu une campagne terroriste [de l’IRA] afin de rester membre du Royaume-Uni…. Nous ne laisserons pas des bureaucrates à Bruxelles nous séparer du reste du Royaume-Uni », a lancé sur la BBC Sammy Wilson, chargé du Brexit au sein du DUP, en allusion aux troubles qui ont déchiré la province.

Pour l’opposition travailliste comme pour les libéraux démocrates (europhiles) et les nationalistes écossais du SNP, « rien n’a changé ».

 

Le chef du Labour Jeremy Corbyn a déposé une motion de censure pour déclencher des élections législatives anticipées.

Theresa May a trois jours pour présenter son « plan B ». Plusieurs possibilités s’offrent à elle : s’engager à revenir négocier à Bruxelles, ou encore demander un report de la date du Brexit.