Les enfants sont les grandes victimes de la guerre en Irak

Londres — Les enfants irakiens, victimes de la violence, de la crise civile et sociale et, pour certains, de graves problèmes de santé, risquent de subir une «catastrophe humanitaire», a averti une association spécialisée hier à Londres.

La situation qui prévaut aujourd'hui «est pire qu'au temps des sanctions [internationales] et de Saddam [Hussein], ce qui veut dire qu'on parle bien d'une catastrophe humanitaire», a déclaré à la presse Jo Baker, directrice de l'organisation Enfants victimes de la guerre.

«Chaque enfant souffre d'un traumatisme psychologique à un niveau ou à un autre», a détaillé Mme Baker, ajoutant par ailleurs: «Nous avons découvert que pas un seul lot de médicaments n'est arrivé dans un hôpital depuis l'occupation [par la coalition], à part ceux apportés par des ONG.»

L'UNICEF s'était inquiété mardi que des enfants aient pu être victimes de mauvais traitements dans des prisons irakiennes. Enfants victimes de la guerre a mentionné hier à son tour la détention de jeunes et le non-respect de leurs droits. L'organisation a également mis en cause l'utilisation de munitions à l'uranium appauvri. Elle a évoqué une augmentation des cas de leucémie et d'autres cancers.

Combats à Kerbala

Hier, les forces de la coalition ont lancé une offensive à Kerbala, dans le centre de l'Irak, tuant 22 miliciens du chef radical Moqtada Sadr qui s'est engagé à continuer le combat en dépit d'une démarche de paix de dignitaires de Najaf. Selon des témoins, les troupes américaines ont visé dans le centre-ville la mosquée Al-Khayam.