En bref: Journaliste du New York Times expulsé du Brésil

Rio de Janeiro — La décision du Brésil d'expulser un correspondant du New York Times, Larry Rohter, accusé par le ministère de la Justice d'avoir porté atteinte à l'honneur du président Lula, suscite une levée de boucliers au nom de la liberté de la presse.

Alors que gouvernement et opposition avaient la veille manifesté en choeur leur indignation contre l'article de Rohter publié dimanche sous le titre L'habitude de boire du président brésilien devient une préoccupation nationale, les critiques ont fusé de toutes parts hier contre une mesure jugée disproportionnée. En principe, le journaliste américain dispose de huit jours, selon la loi, pour quitter le territoire brésilien, après la décision prise mardi soir, par le ministère de la Justice, de suspendre son visa. Larry Rohter est actuellement hors du Brésil. Le ministre de la Justice, Marcio Thomaz Bastos, a souligné hier que la mesure était «légale mais que l'on pouvait y présenter des recours». Il a ajouté que la liberté d'expression «n'était pas une valeur absolue» et que l'article de Rohter était «tout sauf un reportage». Le département d'État américain ainsi que plusieurs organisations internationales de défense des droits et libertés ont critiqué la décision de Brasilia.