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Indonésie: un tsunami ravageur surprend l’archipel

Secouristes et citoyens poursuivaient leurs recherches dimanche pour retrouver des survivants après le passage d’un tsunami qui a balayé les plages du détroit indonésien de la Sonde.
Photo: Ferdi Awed Agence France-Presse Secouristes et citoyens poursuivaient leurs recherches dimanche pour retrouver des survivants après le passage d’un tsunami qui a balayé les plages du détroit indonésien de la Sonde.

Plus de 280 personnes ont été tuées et plusieurs centaines blessées lorsqu’un tsunami provoqué par une éruption volcanique a soudainement déferlé sur les plages du détroit indonésien de la Sonde, ont annoncé dimanche les autorités en disant craindre un bilan plus lourd.

Des centaines de bâtiments ont été emportés par les vagues, qui ont déferlé sur les côtes méridionales de Sumatra et de l’extrémité occidentale de Java aux alentours de 21 h 30, samedi (9 h 30 au Québec). La vague a surgi après l’éruption du volcan connu comme « l’enfant » du légendaire Krakatoa, l’Anak Krakatoa, selon un porte-parole de l’agence nationale de gestion des catastrophes.

L’organisation a revu à la hausse en matinée lundi (dimanche soir au Québec) le bilan des victimes : 281 morts, plus de 1 000 blessés et 57 personnes disparues. Le porte-parole a prévenu que « ce nombre devrait encore augmenter », les autorités n’ayant pas encore d’informations sur certaines localités touchées. Les communautés des petites îles du détroit de la Sonde pourraient être « les plus touchées par le tsunami », selon l’ONG Oxfam.

Les autorités avaient dans un premier temps déclaré que la vague n’était pas un tsunami, mais une simple marée montante, et avaient appelé la population à ne pas céder à la panique. « C’était une erreur, nous sommes désolés », a admis ensuite M. Nugroho.

Des images vidéo spectaculaires diffusées sur les réseaux sociaux montrent une vague géante qui s’abat sur un concert en plein air donné par le groupe pop Seventeen. Ses membres sont projetés hors de la scène par la vague.

Un phénomène rare

Les tsunamis déclenchés par les éruptions volcaniques sont peu communs. À la différence des vagues consécutives à des séismes, la proximité du volcan avec la côte a donné très peu de temps aux autorités pour réagir, selon le professeur David Rothery de l’Open University, au Royaume-Uni.

« Les balises pour détecter les tsunamis sont placées de façon à déceler les tsunamis créés par les séismes au niveau de la frontière entre les plaques tectoniques », dit-il. Même s’il y avait eu un tel dispositif à côté de l’Anak Krakatoa, le volcan est si proche du littoral que l’alerte aurait donné très peu de temps pour réagir, vu la vitesse à laquelle ces vagues se déplacent.

Sur des images des régions côtières, on voit des arbres déracinés. La vague a déversé un amoncellement de détritus, plaques de toitures en ferraille ou morceaux de bois, sur la plage de Carita, un lieu touristique populaire de Java.

Asep Pergangkat, qui a fui la plage de Carita samedi avec sa famille, a décrit des voitures « traînées sur dix mètres ». « Les bâtiments en bord de plage ont été détruits, des arbres et des poteaux électriques sont tombés par terre », a-t-il dit à l’AFP. « Tous ceux qui sont en sécurité ont couru vers la forêt. »

L’impact de la vague a été particulièrement sévère dans le district de Pandeglang, à Java, selon les premiers bilans.

L’Union européenne a offert d’apporter « toute l’assistance nécessaire » à l’Indonésie, indiquant que « les experts humanitaires de l’UE se tenaient prêts à être envoyés sur place » et que le programme européen Copernicus pour la surveillance de l’environnement « a été activé ».

L’ONU s’est également dit « prête à apporter son soutien aux efforts fournis par le gouvernement », a indiqué un porte-parole du secrétaire général, António Guterres.

De son côté, déplorant les « ravages impensables causés », le président américain, Donald Trump, a twitté : « Nous prions pour votre rétablissement et votre guérison. L’Amérique est avec vous ! »

Selon le Centre indonésien de volcanologie, Anak Krakatoa montrait des signes d’activité renforcée depuis une semaine. Une éruption survenue peu avant 16 h samedi (4 h au Québec) avait duré environ 13 minutes.

L’Indonésie, un archipel de 17 000 îles et îlots qui s’est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne, eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique et d’éruptions volcaniques. L’Anak est l’un des 127 volcans actifs d’Indonésie.