Amnesty accuse les Britanniques d'avoir tué plusieurs civils irakiens

Le gouvernement britannique faisait face hier à une nouvelle mise en cause de ses militaires en Irak, accusés par Amnisty International d'avoir tué des civils irakiens inoffensifs, dont une fillette de huit ans.

«Les soldats britanniques ont ouvert le feu et tué des civils dans le sud de l'Irak, dans des circonstances où apparemment ceux-ci ne constituaient aucune menace imminente», déclare notamment l'organisation de défense des droits de l'homme, dont le siège est à Londres.

«Dans nombre de ces cas, l'armée britannique n'a même pas ouvert une enquête», accuse Amnisty.

Selon Amnistie, les forces britanniques seraient impliquées dans la mort de 37 civils non menaçants en Irak depuis le 1er mai 2003, date officielle de la fin de la guerre.

Hier, le porte-parole de Downing Street s'est contenté d'indiquer que le ministère de la Défense était «déjà au courant des cas soulevés par Amnisty», ajoutant que des enquêtes sont ouvertes.

Un tribunal londonien a estimé hier que la mort de 13 habitants du sud de l'Irak, tués, selon leurs proches, par l'armée britannique depuis mai 2003, était «un dossier recevable», ouvrant la voie à une possible enquête judiciaire en Grande-Bretagne.

Les familles refusent que seule la justice militaire soit chargée des enquêtes sur ces décès.

«Étant donné la façon dont les choses se passent en Irak, il me semble dans l'intérêt de tous que ce point de principe soit tranché dès que possible», a indiqué le juge Andrew Collins, en annonçant sa décision hier au cours d'une audience à la Haute Cour de justice de Londres.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a annoncé hier qu'il enquêtait sur des informations faisant état de la présence d'enfants parmi les détenus auxquels ont été infligés des sévices dans les prisons irakiennes sous commandement de la coalition.