Les partisans de Sadr à Bagdad essuient le feu des GI

Pompiers irakiens «à pied d’oeuvre» près de Bassora.
Photo: Agence Reuters Pompiers irakiens «à pied d’oeuvre» près de Bassora.

Bagdad — Trente-cinq miliciens chiites présumés du chef radical Moqtada Sadr ont été tués lors d'accrochages avec les GI en deux nuits à Bagdad, selon l'armée américaine qui a effectué hier sa première patrouille à Fallouja avec les forces de l'ordre irakiennes. Par ailleurs, un acte de sabotage a réduit de moitié les exportations pétrolières par le terminal de Bassora, dans le sud.

Le général américain Mark Kimmitt a d'autre part annoncé que l'enquête sur les méthodes d'interrogatoire et les services de renseignement de l'armée serait «complète» et s'intéresserait à tous les lieux de détention en Irak. L'enquête sera «aussi complète que possible pour que toute personne qui serait associée de près ou de loin [aux faits concernés] soit entendue», confirmant que sept militaires américains avaient été inculpés dans le cadre d'une enquête précédente et ajoutant qu'ils comparaîtraient en cour martiale.

Jusqu'à présent, seul un soldat, Jeremy Sivits, 24 ans, a été renvoyé devant une cour martiale. Il comparaîtra le 19 mai à Bagdad.

Concernant les heurts à Bagdad, le général Kimmitt a déclaré que 35 miliciens avaient été tués hier, mais un porte-parole militaire a corrigé ces propos, précisant à l'AFP que «dix-neuf ont été tués hier [dimanche] et 16 aujourd'hui [hier].»

Le bureau de Moqtada Sadr à Sadr City, quartier chiite de Bagdad acquis à Moqtada Sadr, a été détruit au canon de char dans les derniers combats hier à l'aube, mais les habitants ont entrepris de le reconstruire. Les combats ont éclaté au lendemain de l'arrestation samedi de Sayed Amer al-Hussein, responsable du mouvement de Moqtada Sadr pour Sadr City.

Moqtada Sadr, recherché «mort ou vif» par la coalition, est retranché dans la ville sainte de Najaf, à 160 km au sud de Bagdad. Ses partisans se heurtent régulièrement aux forces d'occupation, à Najaf, mais aussi à Koufa et Kerbala, deux autres villes chiites au sud de Bagdad. Dix de ses miliciens ont été blessés hier dans de nouveaux affrontements à Kerbala, selon une source médicale, alors que deux policiers irakiens l'ont été à Najaf par des tirs de GI ripostant à une attaque au mortier de sa milice.

Les marines ont effectué un retour dans la ville sunnite de Fallouja, à 50 km à l'ouest de Bagdad, où ils ont combattu pendant près d'un mois la guérilla, précédés cette fois-ci par des forces irakiennes. Le convoi précédé de voitures de police et de véhicules de l'ICDC (Corps de défense civile irakienne), a été salué par des tirs en l'air d'hommes masqués, probablement les combattants de la guérilla, voyant dans la présence des forces irakiennes une «victoire» contre les marines. Le passage sans incident de ce premier convoi pourrait être le point de départ d'un retrait plus substantiel des marines qui avaient commencé à abandonner des positions à Fallouja le 30 avril.

Sabotage d'un oléoduc

À Bassora, les chargements de brut ont été réduits de moitié après le sabotage de l'un des deux oléoducs alimentant le terminal offshore du nord du Golfe, le principal débouché de brut irakien. «Nous sommes passés d'une moyenne de 80 000 barils par heure à 40 000 barils par heure», a déclaré l'ingénieur Ali Nasr Al-Roubaï, directeur du terminal. Avant le sabotage, un responsable du ministère du Pétrole à Bagdad a dit que les exportations actuelles se situaient autour de 1,8 million de barils par jour.

Dans le nord, un Néo-Zélandais, un Sud-Africain travaillant pour une entreprise chargée de projets de reconstruction et leur chauffeur irakien ont été abattus par des hommes armés à Kirkouk. Vendredi, un journaliste polonais et son monteur d'origine algérienne avaient été abattus près de Bagdad. À Mossoul, également dans le nord, une fillette de quatre ans a été tuée et quatre hommes blessés lorsque des inconnus ont attaqué et manqué une patrouille américaine.