La majorité absolue pourrait échapper aux nationalistes hindous

New Delhi — Environ 370 millions de personnes ont participé aux élections législatives qui ont pris fin hier en Inde où, selon les projections de plusieurs chaînes de télévision, la droite nationaliste au pouvoir et ses alliés pourraient ne pas atteindre la majorité absolue.

Lancé le 20 avril, le processus électoral marathon dans la plus grande démocratie du monde concernait 671 millions d'inscrits, appelés à renouveler 543 députés de la chambre basse du parlement fédéral. Hier soir, à l'issue de la cinquième et dernière phase de vote, la Commission électorale a déclaré que la moyenne nationale de participation pour l'ensemble du scrutin devrait être supérieure à 55 %, soit 370 millions de votants.

Les résultats seront annoncés jeudi. Il faut 272 sièges pour détenir la majorité absolue et si les tendances sont confirmées, on peut s'attendre à des négociations très serrées entre partis politiques dès la fin de cette semaine.

Sur la base de sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote, deux chaînes de télévision ont crédité les nationalistes au pouvoir et leurs alliés d'un nombre de sièges proche de la majorité absolue. Trois autres chaînes ont prédit de moins bons scores pour la coalition gouvernementale.

Star a crédité le Bharatiya Janata Party (BJP, nationaliste) et ses partenaires de 263-275 sièges, tandis que Sahara a donné une projection de 263-278 sièges pour l'alliance au pouvoir.

En revanche, Aaj Tak a placé le BJP et ses alliés loin de la majorité absolue avec 248 sièges (contre 302 en 1999). Zee a accordé 249 députés aux nationalistes et à leurs partenaires, tandis que NDTV les a crédités de 230-250 sièges.

Le Parti du Congrès (opposition de centre-gauche) et ses alliés ont été crédités de 174-186 sièges par Star, de 171-181 par Sahara, de 191 par Aaj Tak, de 176 par Zee et de 190-205 par NDTV. La gauche, incluant les communistes, remporterait 40 à 50 députés qui pourraient se rallier au Congrès, a ajouté NDTV.

Les autres formations, notamment régionales, auraient obtenu entre 60 et 104 députés selon les différentes sources.

Le Congrès détenait 112 sièges dans la précédente législature et était donné largement perdant avant le début des élections.

Selon des analystes, les alliés du BJP, notamment deux grands partis du sud, auraient réalisé de très mauvais scores, fragilisant l'assise électorale de l'ensemble de la coalition au pouvoir.

Au cours des derniers jours, le premier ministre Atal Behari Vajpayee, pressentant de moins bons résultats que prévu pour l'alliance gouvernementale, avait cherché à mobiliser davantage les électeurs en demandant un nouveau mandat «décisif» pour garantir la stabilité de l'Inde.

Les élections en Inde ont été convoquées cinq mois plus tôt que prévu, M. Vajpayee ayant voulu profiter d'une conjoncture économique favorable (croissance projetée à 8 % cette année) et d'un climat de détente exceptionnel avec le Pakistan.