Proche-Orient - Le sommet de Tunis demandera à Bush de respecter ses engagements

Le Caire — Le sommet des chefs d'État arabes de Tunis demandera au président américain George W. Bush de respecter ses engagements en faveur d'un «État palestinien viable», selon un projet de résolution approuvé hier par les ministres arabes des Affaires étrangères au Caire.

Le sommet, dont la tenue les 22 et 23 mai dans la capitale tunisienne a été confirmée par le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, devrait par ailleurs condamner l'assassinat de dirigeants palestiniens par Israël et se déclarer prêt à participer à tout effort de lutte contre le terrorisme, selon un autre projet de résolution approuvé dimanche.

Le projet sur le conflit israélo-palestinien passe sous silence la date de 2005, qui avait auparavant été avancée par l'administration américaine pour la création d'un État palestinien. Le président Bush avait déclaré au quotidien égyptien Al-Ahram publié samedi que cette date n'était plus «réaliste».

«Les dirigeants arabes demandent au président George W. Bush de respecter les engagements découlant de sa vision de l'édification d'un État palestinien viable, aux côtés d'Israël, et de considérer que tout ce qui concerne le statut final [des territoires occupés par Israël] fera l'objet de négociations entre les deux parties», selon ce texte.

Le projet se félicite de la lettre de garanties adressée par le président Bush au roi Abdallah II de Jordanie, dans laquelle il indique que la solution du problème des frontières définitives du futur État palestinien futur et celui du retour des réfugiés palestiniens de 1948 devraient faire l'objet de négociations bilatérales israélo-palestiniennes.

Le soutien sans réserves apporté par M. Bush à la mi-avril au plan de séparation unilatéral d'avec les Palestiniens présenté par le premier ministre israélien Ariel Sharon, et sa remise en question du droit au retour des réfugiés palestiniens de 1948 avaient suscité un profond choc dans l'opinion arabe.

Dans une déclaration à l'issue de la seconde journée des travaux, M. Moussa a affirmé que l'initiative de paix avec Israël adoptée lors du sommet arabe de Beyrouth en 2002 est «une position stratégique arabe immuable».

Cette initiative propose notamment l'établissement de relations normales entre les pays arabes et Israël, à condition que l'État hébreu se retire des territoires arabes qu'il occupe depuis 1967, y compris Jérusalem-est.

Dans le second projet de résolution, «les dirigeants arabes condamnent les opérations militaires israéliennes dans les territoires palestiniens et arabes, ainsi que les opérations visant les civils sans distinction et celles visant les dirigeants palestiniens, de nature à générer violence et contre-violence».

Les ministres arabes devaient en outre fermement condamner les sévices infligés à des détenus en Irak, proposer une «troïka» arabe, formée de la Tunisie, de Bahreïn et de l'Algérie, pour assurer le suivi de la situation dans ce pays, dans le cadre des Nations unies, à l'issue du transfert de pouvoir prévu le 30 juin des forces d'occupation aux Irakiens.

Le prochain sommet remplacera celui qui devait se dérouler fin mars à Tunis et dont la Tunisie avait brutalement interrompu la préparation en invoquant une décision «souveraine» et de profondes divergences entre les participants, notamment sur les réformes démocratiques qui doivent être conduites dans les pays arabes.