Élection présidentielle très disputée aujourd'hui aux Philippines

La présidente sortante, Gloria Macapagal Arroyo, serre la main de son principal adversaire à la présidentielle d’aujourd’hui, l’acteur Fernando Poe Jr., au cours d’un service religieux célébré hier à Manille.
Photo: Agence Reuters La présidente sortante, Gloria Macapagal Arroyo, serre la main de son principal adversaire à la présidentielle d’aujourd’hui, l’acteur Fernando Poe Jr., au cours d’un service religieux célébré hier à Manille.

Manille, Philippines — Élection présidentielle très disputée aujourd'hui aux Philippines: la présidente sortante Gloria Macapagal Arroyo est opposée à quatre autres candidats, dont le principal, Fernando Poe Jr., est un acteur de films d'action, sans expérience politique mais immensément populaire dans ce pays très pauvre, où quatre habitants sur 10 vivent avec moins d'un dollar par jour.

Quelque 43 millions d'électeurs sont appelés à désigner leur président mais aussi leur vice-président, les membres de la Chambre des représentants, la moitié des 24 sièges du Sénat et environ 17 000 postes municipaux.

Ce scrutin s'est résumé à un affrontement entre Mme Arroyo, 57 ans, arrivée au pouvoir en janvier 2001 après l'éviction du pouvoir de son prédécesseur Joseph Estrada, et M. Poe, dit «FPJ» ou encore «Da King», 64 ans, véritable pilier de l'industrie cinématographique philippine avec 250 rôles dans des films de série B et cinq récompenses de meilleur acteur dans son pays.

Selon les derniers sondages, Mme Arroyo, qui bénéficie en tant que présidente sortante d'une formidable machine politique, devance M. Poe dans les intentions de vote, mais les enquêtes d'opinion montrent aussi qu'une grande partie des électeurs n'ont pas encore arrêté leur choix.

Les trois autres candidats sont le sénateur Panfilo Lacson, ancien chef de la police nationale, Eddie Villanueva, un évangéliste chrétien, et Raul Roco, ancien secrétaire à l'Éducation. Le président est élu pour un mandat de six ans.

Réduire la pauvreté

Les cinq aspirants à la présidence se sont tous engagés à réduire la pauvreté rampante dont souffre ce pays de 84 millions d'habitants et à combattre la corruption, la criminalité et le terrorisme. La présidente sortante, professeur d'économie formée aux États-Unis, s'est aliéné l'aile gauche de ses partisans en se présentant comme l'un des alliés les plus sûrs de Washington en Asie et en affichant un soutien indéfectible à la guerre menée par les Américains en Irak.

Mme Arroyo, qui avait été élue vice-présidente lors des élections de 1998, avait été propulsée à la tête de l'État en janvier 2001 lorsque le président en titre, Joseph Estrada, accusé de corruption massive, avait été contraint de quitter le pouvoir à la suite de manifestations populaires. Son principal adversaire, Fernando Poe Jr., a abandonné les études au stade du lycée et ne jouit d'aucune expérience politique, ce qui ne manque pas d'inquiéter les milieux d'affaires alors que ses partisans considèrent cette inexpérience comme un avantage dans une classe politique parfois perçue comme corrompue. L'opposition l'a choisi comme candidat surtout en raison de sa grande popularité. Il s'est engagé, s'il est élu, à être un dirigeant indépendant et à se servir de sa célébrité pour rétablir la confiance de la population.

Pour ce scrutin, les 114 000 membres des forces armées et un nombre équivalent de policiers ont été placés en état d'alerte par crainte d'un possible attentat de la rébellion musulmane.