Des paramilitaires colombiens accusés de préparer un putsch au Venezuela

Caracas — Cinquante-six paramilitaires colombiens, accusés par les autorités du Venezuela de préparer un coup d'État contre le président Hugo Chavez, ont été arrêtés hier dans la banlieue de Caracas, a annoncé la police.

Dans son programme radiotélévisé dominical Allo président, M. Chavez a affirmé que parmi les personnes arrêtées figurait «un important chef paramilitaire colombien», sans toutefois

le nommer.

Leur interpellation est «un coup porté à la contre-révolution, au terrorisme et qui préserve la paix civile», a déclaré le président, ancien militaire putschiste arrivé au pouvoir par les urnes en 1999 et accusé par l'opposition de vouloir imposer au Venezuela un régime inspiré par Cuba.

Les paramilitaires arrêtés font partie d'un groupe de 130 personnes âgées de 20 à 25 ans, qui se trouvait dans une propriété à Sabaneta de Baruta, au sud-est de Caracas, où il s'entraînait depuis plus d'un mois, a déclaré le chef des services vénézuéliens du renseignement Miguel Rodriguez Torres à la chaîne de télévision publique Venezolana de Television (VTV).

La propriété où se trouvaient les paramilitaires colombiens appartient à un Vénézuélien d'origine cubaine, Robert Alonso, membre des groupes les plus radicaux de l'opposition vénézuélienne. Ceux qui ont réussi à prendre la fuite «sont des paramilitaires colombiens préparés pour la guerre», a souligné M. Rodriguez.

«Leur intention était de s'organiser avec les gens de la place Altamira [lieu de rassemblement d'anciens militaires opposés à Hugo Chavez, qui avaient participé au coup d'État manqué d'avril 2002] pour faire un coup d'État», a-t-il poursuivi, et leur objectif était de «prendre d'assaut une institution militaire».

Selon un des paramilitaires arrêtés, interrogé par VTV, le groupe devait occuper un fort militaire mercredi à Caracas, préambule à une invasion depuis la Colombie. «C'était une action de 3000 à 4000 hommes pour occuper le Venezuela», a dit ce paramilitaire détenu, montré par la télévision le visage couvert.

Il a indiqué que l'entraînement était assuré par d'anciens militaires vénézuéliens et des membres de groupes anticastristes basés à Miami (États-Unis) ayant des liens avec les groupes paramilitaires d'extrême droite de Colombie.

Référendum

Ces arrestations interviennent alors que le Venezuela se prépare à vivre du 27 au 31 mai la dernière étape avant l'organisation d'un référendum réclamé par l'opposition pour chasser du pouvoir le président Hugo Chavez.

Pour que ce scrutin populaire soit organisé, au moins 2,43 millions de signatures de citoyens sont nécessaires. Le Conseil national électoral (CNE) a estimé que sur un total de plus de trois millions de signatures présentées par les adversaires de M. Chavez, 1,8 million étaient valables mais que plus d'un million devaient être examinées avant d'être validées car, selon l'organisme électoral, elles sont douteuses.

Si un référendum sur le maintien au pouvoir de M. Chavez ou son départ est convoqué par le CNE, il sera organisé le 8 août.