L'ONU évoque des crimes contre l'humanité au Darfour

Genève — Les forces soudanaises et les milices arabes actives dans le Darfour (Ouest soudanais) se sont rendues coupables d'exactions massives susceptibles d'être considérées comme des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité, selon un rapport établi pour la Commission des droits de l'homme de l'ONU.

Le document a été présenté hier au Conseil de sécurité. Bertrant Ramcharan, haut-commissaire intérimaire de l'ONU pour les droits de l'homme, y réclame la mise sur pied d'une commission internationale pour identifier les auteurs des massacres, viols et autres pillages commis aux dépens de la population négro-africaine du Darfour.

Il exhorte en outre le gouvernement soudanais à autoriser le déploiement d'observateurs de l'ONU et de l'Union africaine chargés de veiller au respect des droits de l'homme dans cette région en proie à une grave crise humanitaire.

Plus de un million de personnes ont fui les combats qui ont éclaté l'an dernier entre rebelles et forces gouvernementales et 110 000 ont trouvé refuge au Tchad voisin, selon les chiffres de l'ONU.

Ce rapport, qui fait suite à plusieurs missions onusiennes au Soudan, a été réalisé par cinq membres du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, sous la direction de Bacre Waly Ndiaye. Après une série d'entretiens avec divers membres de l'administration soudanaise, dont les ministres des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Justice, les cinq responsables se sont rendus au Darfour du 24 au 30 avril pour recueillir les témoignages des habitants au sujet de ce qu'ils qualifient de règne de la terreur.