Les négociations pour une dénucléarisation entre Washington et Pyongyang font du surplace

Ce second tête-à-tête, après le premier, historique, en juin à Singapour, aura lieu «en début d’année prochaine», a promis le président américain.
Photo: KCNA Ce second tête-à-tête, après le premier, historique, en juin à Singapour, aura lieu «en début d’année prochaine», a promis le président américain.

Donald Trump a minimisé mercredi le report impromptu d’une importante réunion sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, assurant avoir toujours l’intention de rencontrer Kim Jong-un, début 2019.

Ce nouveau contretemps dans les négociations sinueuses sur l’avenir de l’arsenal atomique de Pyongyang a été annoncé dans la nuit de mardi à mercredi, en pleine soirée électorale aux États-Unis : le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a reporté à la dernière minute, et sans avancer de raison, une rencontre prévue jeudi à New York avec Kim Yong-chol, le bras droit du dirigeant nord-coréen.

Elle sera organisée « à une date ultérieure », « quand nos emplois du temps respectifs le permettront », a simplement annoncé la porte-parole du département d’État américain, Heather Nauert.

« Tout va bien »

Interrogé lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche mercredi, le président des États-Unis n’a pas davantage expliqué les motifs de ce report.

« Nous la ferons un autre jour. Mais nous sommes très heureux de la façon dont les choses se passent avec la Corée du Nord », a-t-il assuré.

« Tout va bien, il n’y a aucune urgence », a-t-il ajouté, vantant une fois de plus les bienfaits présumés de sa politique de rapprochement avec le régime reclus qu’il menaçait il y a encore un an de « destruction totale » : « Les sanctions sont en place, les missiles ont cessé, les otages sont de retour à la maison. »

Mike Pompeo devait profiter de ce nouveau rendez-vous pour tenter d’arracher des progrès concrets dans le dossier épineux du désarmement nucléaire et préparer un nouveau sommet Trump-Kim.

Ce second tête-à-tête, après le premier, historique, en juin à Singapour, aura lieu « en début d’année prochaine », a promis le président américain.

À Séoul, Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes, a estimé que ce report à la dernière minute n’était « pas un bon signe ». Cela « indique que les négociations n’avancent pas suffisamment bien pour permettre la tenue de la réunion », a-t-il dit.

Le gouvernement sud-coréen, très impliqué dans le réchauffement diplomatique en cours avec la Corée du Nord, a d’ailleurs jugé le report « regrettable ».

« Il n’y a pas de raison de troquer l’espoir pour l’inquiétude », a toutefois relativisé un haut responsable de la diplomatie sud-coréenne, soulignant qu’il ne s’agissait pas du premier obstacle dans les négociations.

Requêtes coréennes

Pyongyang, qui a cessé les tirs de missiles et essais atomiques, mais n’a jusqu’ici pris aucune mesure considérée comme irréversible pour démanteler son programme nucléaire, exige des contreparties américaines pour continuer à avancer. Notamment, un allégement des sanctions internationales, avec le soutien plus ou moins explicite de la Russie et de la Chine, ainsi que de la Corée du Sud.

Or Washington promet de maintenir la pression économique tant que la dénucléarisation ne sera pas « définitive et entièrement vérifiée ». « J’adorerais lever les sanctions, mais il faut qu’ils y mettent du leur également », a déclaré mercredi Donald Trump.