Trois autres colis piégés découverts jeudi aux États-Unis

Les autorités locales et fédérales ont intercepté un des colis suspects à Wilmington, au Delaware.
Photo: David Swanson The Philadelphia Inquirer via AP Les autorités locales et fédérales ont intercepté un des colis suspects à Wilmington, au Delaware.

Après les sept engins potentiellement explosifs découverts au cours des derniers jours, les autorités américaines ont confirmé jeudi que trois autres colis similaires ont été découverts, dont deux étaient destinés à l’ancien vice-président démocrate Joe Biden. De son côté, le président Donald Trump a de nouveau accusé les médias d’être à l’origine de la « colère » qui secoue actuellement les États-Unis.

La tension est demeurée très élevée jeudi en sol américain, alors que les autorités policières confirmaient que deux colis suspects destinés à l’ancien vice-président américain Joe Biden avaient été interceptés dans des centres postaux du Delaware.

Plus tôt dans la journée, l’escouade antibombe de la police de New York avait également retiré un colis suspect d’un immeuble de Manhattan associé à l’acteur Robert De Niro. Ce dernier a déjà publiquement critiqué Donald Trump.

Ces trois colis sont similaires aux sept autres engins contenant des « bombes-tuyaux » envoyés au cours des derniers jours à des personnalités bien en vue du Parti démocrate, dont les anciens présidents Barack Obama et Bill Clinton, mais aussi à l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton.

L’élue au Congrès Debbie Wasserman Schultz, ex-présidente du comité national du Parti démocrate, a également été visée, ainsi que deux autres personnalités démocrates noires, l’ex-secrétaire à la Justice de M. Obama Eric Holder et la députée californienne Maxine Waters. Cette dernière a reçu deux colis.

10 engins

Au total, ce sont donc 10 engins « potentiellement dévastateurs » qui ont été découverts depuis le début de la semaine à New York, à Washington, en Floride et en Californie. Aucun n’a explosé et personne n’a été blessé, mais tous les colis étaient bourrés d’éclats de verre.

Au moment d’écrire ces lignes, les autorités policières tentaient toujours d’identifier le ou les responsables de ces « actes de terreur ». « À ce point de l’enquête, nous ne savons toujours pas si c’est le fait d’une seule personne ou d’un réseau », a expliqué sur les ondes de CNN le chef de la police new-yorkaise James O’Neill, qui a dit toutefois son espoir que le ou les responsables seraient identifiés et arrêtés dans les prochains jours.

Le directeur du FBI, Christopher Wray, a lancé un appel général à de l’aide. « Nous demandons à qui que ce soit qui pourrait avoir une information de nous contacter. N’hésitez pas à appeler ; le moindre petit détail peut nous aider dans cette enquête », a-t-il déclaré.

Trump attaque

Après avoir lancé un appel à l’« unité » des Américains mercredi, avant de blâmer directement les médias dans un discours partisan en soirée, Donald Trump a de nouveau attaqué les médias jeudi matin.

« Une très grande partie de la colère que nous voyons aujourd’hui dans notre société est due à la diffusion intentionnelle d’informations fausses ou inexactes de la part des médias de masse, que je qualifie de fausses nouvelles », a-t-il écrit sur Twitter.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a abondé dans son sens lors d’un point de presse jeudi. « Le président condamne la violence depuis le jour 1. Nous allons continuer de faire cela », a-t-elle d’abord souligné.

Puisque M. Trump a appelé à l’unité du pays, est-ce qu’il va cesser d’insulter ses adversaires politiques, notamment ceux qui ont reçu des bombes ? « Le président continuera de mettre en évidence les différences entre démocrates et républicains », a-t-elle répondu aux journalistes. « Les Américains ont un choix à faire », a-t-elle ajouté, en référence à la tenue d’élections de mi-mandat le 6 novembre prochain.

Mme Sanders a également ajouté aux attaques de Donald Trump contre les médias en affirmant que « 90 % de l’attention médiatique autour du président est négative ». « Vous portez votre attention uniquement sur le négatif », a-t-elle soutenu, en pointant directement CNN, qui aurait selon elle « blâmé » Donald Trump pour cette vague de colis suspects.

John Brennan, l’ancien directeur de la CIA, à qui l’un des colis était destiné, a répliqué en demandant à Trump de cesser de blâmer les autres et de se regarder « dans le miroir. Votre rhétorique inflammatoire, vos insultes, mensonges et encouragement à la violence physique sont honteux. […] Essayez de vous comporter comme un président ». Il a aussi prévenu que « l’intimidation ne réduira pas [ses] détracteurs au silence ».


Avec l’Agence France-Presse et Associated Press​

Trudeau défend la presse

Justin Trudeau a déclaré jeudi que le Canada surveillait de près les informations « extrêmement préoccupantes » concernant la découverte de plusieurs engins explosifs envoyés à des personnalités démocrates aux États-Unis, et même au réseau de télévision CNN. Le premier ministre a aussi profité de sa déclaration liminaire lors d’un événement officiel à Ottawa avec son homologue néerlandais, Mark Rutte, pour souligner l’importance d’une presse libre en démocratie. M. Trudeau a ainsi insisté pour rappeler qu’une presse libre constitue un élément fondamental de toute démocratie, et que les journalistes doivent pouvoir accomplir leur travail sans crainte. Son homologue néerlandais s’est dit complètement d’accord avec les déclarations de M. Trudeau.