Affaire Khashoggi: Mnuchin n’ira pas au sommet économique saoudien

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a annulé sa venue au sommet économique saoudien à Riyad la semaine prochaine.
Photo: Victor R. Caivano Associated Press Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a annulé sa venue au sommet économique saoudien à Riyad la semaine prochaine.

D’importants ministres français, britannique et néerlandais, tout comme le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, ont annulé jeudi leur venue au sommet économique saoudien à Riyad la semaine prochaine, en pleine inquiétude autour de la disparition du journaliste saoudien critique du pouvoir Jamal Khashoggi.

« Je viens de rencontrer Donald Trump et le secrétaire [d’État] Pompeo et nous avons décidé que je ne participerai pas au sommet Future Investment Initiative en Arabie saoudite », a indiqué Steven Mnuchin sur Twitter jeudi. Ce forum d’investisseurs doit se dérouler du 23 au 25 octobre.

De leur côté, les ministres français de l’Économie, Bruno Le Maire, britannique du Commerce international, Liam Fox, et néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, ont coup sur coup fait savoir qu’ils ne se déplaceraient pour cet événement.

« Le président de la République l’a dit très clairement : les faits sont très graves », a souligné Bruno Le Maire. « L’essentiel maintenant, c’est que toute la vérité, toute la lumière soit faite sur cette affaire », a-t-il insisté.

La liste des dirigeants renonçant à cette conférence, organisée par le fonds souverain saoudien et devant servir de vitrine aux réformes économiques lancées par le prince héritier Mohammed ben Salmane, ne cesse de s’allonger, deux semaines après la disparition de Jamal Khashoggi.

Interrogé sur le fait de savoir si l’annulation de sa participation remettait en cause les relations entre Paris et Riyad, Bruno Le Maire a répondu « absolument pas ».

« Riyad et l’Arabie saoudite sont des partenaires stratégiques pour la France, à bien des titres. Ça ne remet pas en cause ce partenariat stratégique », a-t-il déclaré.

Au Royaume-Uni, le ministre du Commerce international, Liam Fox, a pris une décision similaire, annoncée jeudi. « Nous […] attendons que le Royaume d’Arabie saoudite conduise une enquête fouillée, crédible, transparente et rapide comme annoncé », a souligné un porte-parole du gouvernement.

Côté néerlandais, le ministre des Affaires étrangères, Stef Blok, a souligné sur Twitter que la disparition de M. Kashoggi était « une affaire très grave », à laquelle l’Arabie saoudite n’avait « pas encore été en mesure de fournir une clarification ».

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, exilé aux États-Unis depuis 2017 et critique du pouvoir à Riyad, a disparu depuis le 2 octobre après être entré au consulat saoudien à Istanbul. Mercredi, un journal progouvernemental turc, affirmant s’appuyer sur des enregistrements sonores réalisés à l’intérieur du consulat, a rapporté que le journaliste y avait été torturé avant d’être « décapité » par des agents saoudiens.