Le train rapide Jérusalem-Tel-Aviv entre en service

<p>La ligne devait initialement commencer à fonctionner en 2008. Mais le chantier sous maîtrise israélienne en partenariat avec des entreprises chinoise, italienne et russe, a accusé de nombreux retards.</p>
Photo: Ahmad Gharabli Agence France-Presse

La ligne devait initialement commencer à fonctionner en 2008. Mais le chantier sous maîtrise israélienne en partenariat avec des entreprises chinoise, italienne et russe, a accusé de nombreux retards.

Ils étaient une dizaine, mardi à l’aube, à embarquer pour la première fois dans le train rapide reliant Jérusalem à Tel-Aviv. Après plus d’une décennie de retard, cette nouvelle ligne ferroviaire a été ouverte partiellement au public.

Empruntant des escaliers mécaniques descendant 80 mètres sous terre, une partie des passagers de la nouvelle gare de Jérusalem étaient présents uniquement pour profiter de cette nouvelle expérience, effectuant l’aller-retour — 21 minutes par trajet — vers l’aéroport international Ben Gourion, près de Tel-Aviv.

« On attend ce réseau depuis plus de dix ans », se réjouit Richard Elkaim, 71 ans, accompagné de sa femme et de trois de ses petits-enfants.

La nouvelle ligne ferroviaire n’est pas encore opérationnelle dans sa totalité, mais, à terme, Jérusalem et Tel-Aviv devraient être à une demi-heure l’une de l’autre, avec des trains glissant à 160 km/h.

Une aubaine pour les nombreux Israéliens qui parcourent régulièrement les 70 km séparant ces deux villes, où se concentre l’essentiel de l’activité économique et politique du pays.

Jérusalem et Tel-Aviv n’étaient jusqu’alors desservies que par une ligne sinueuse qui suivait le tracé de l’ancienne ligne du mandat britannique et il fallait compter au moins une heure et demie pour faire le trajet par rail.

La ligne devait initialement commencer à fonctionner en 2008. Mais le chantier sous maîtrise israélienne en partenariat avec des entreprises chinoise, italienne et russe, a accusé de nombreux retards.

Les groupes Bombardier, du Canada, Semi, d’Espagne, et Alstom, de France, ont également pris part au projet.

La nouvelle ligne, dont le chantier est chiffré à 6,5 milliards de shekels (2,3 milliards canadiens), est présentée par ses promoteurs comme une prouesse d’ingénierie.

Coupant en plein dans le relief semi-montagneux qui entoure Jérusalem, elle comprendra à terme 40 kilomètres de tunnels et 8 ponts.

Une partie de la ligne est exposée aux critiques politiques puisqu’elle passe par la Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par l’armée israélienne depuis plus de 50 ans.

Le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saeb Erakat, avait dénoncé ce train comme « une volonté israélienne de transformer l’occupation en annexion en utilisant de manière illégale les terres palestiniennes occupées ».

Un TGV La Mecque–Médine

Riyad — Le roi Salmane d’Arabie saoudite a inauguré mardi un train à grande vitesse reliant La Mecque à Médine, considéré par les autorités comme le plus grand projet de transport de la région du Moyen-Orient. Le système de train à grande vitesse de Haramain transportera les pèlerins musulmans ainsi que des voyageurs réguliers sur 450 kilomètres entre les deux villes saintes de l’islam via le port de Jeddah. Trente-cinq trains, capables de rouler à 300 km/h, transporteront d’une ville à l’autre des centaines de passagers en deux heures, contre environ 5 heures auparavant. Fin 2011, le consortium espagnol Al Shoula, composé de 12 entreprises espagnoles et de deux saoudiennes, avait raflé ce mégacontrat devant des concurrents allemand, japonais et français. Le TGV a coûté quelque 10,5 milliards de dollars canadiens.