Manifestation planétaire face à l’urgence du dérèglement climatique

Deux femmes tiennent une pancarte qui parle d'elle-même lors de la marche pour le climat, à Nantes, dans l'ouest de la France, le 8 septembre 2018.
Photo: Sebastien Salom Gomis Agence France-Presse Deux femmes tiennent une pancarte qui parle d'elle-même lors de la marche pour le climat, à Nantes, dans l'ouest de la France, le 8 septembre 2018.

De Bangkok à San Francisco en passant par Bruxelles, des dizaines de milliers de personnes ont pris part à des marches ce samedi dans de nombreuses villes à travers le monde, pour exiger des gouvernements qu’ils agissent enfin sérieusement contre le dérèglement climatique, en pleine préparation de la COP 24.

Près d’un millier d’événements étaient organisés dans une centaine de pays, dans le cadre de l’appel baptisé « Rise for climate » (« Debout pour le climat »).

Après des manifestations qui ont donné lieu à une faible participation en Asie, des rassemblements ont lieu en Europe, notamment à Paris et Bruxelles, puis devaient se tenir aux États-Unis avec San Francisco en point d’orgue.

« Les événements climatiques extrêmes menacent nos enfants. La seule façon de protéger notre avenir c’est une action pour le climat ambitieuse, et maintenant », a plaidé sur Twitter le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.

En France, des dizaines de milliers de personnes ont participé à des marches citoyennes, notamment à Paris et dans d’autres villes du pays, répondant à un appel à la mobilisation lancé sur les réseaux sociaux par un jeune homme de 27 ans, après la démission du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, qui s’était plaint d’un manque de soutien populaire pour l’environnement.

« Je vais être papa en décembre, je veux qu’il ait une planète vivable, qu’il ait un endroit où habiter, qu’il puisse avoir des petits-enfants », a expliqué l’initiateur de cette marche, Maxime Lelong.

« De l’incantation aux actes »

En outre, 700 scientifiques français ont lancé ce samedi un appel, publié par le journal Libération, aux dirigeants politiques pour qu’ils passent « de l’incantation aux actes pour enfin se diriger vers une société sans carbone ».

À Bruxelles, un rassemblement organisé devant le Parlement européen a réuni 1300 personnes selon la police, à l’appel de Greenpeace et de la Coalition Climat, collectif d’associations et d’ONG de la société civile.

« L’idée était d’interpeller les élus et les gouvernements à partir de la capitale européenne. Il y a beaucoup de lobbies ici et on se rend compte que les ONG ne font pas forcément le poids face à eux. En tant que citoyens on veut montrer qu’on peut organiser des campagnes pour les interpeller », a déclaré à l’AFP Kim Le Quang, un professeur participant au rassemblement.

En Asie, c’est à Manille que la mobilisation a été la plus forte, avec 800 manifestants. L’un d’eux, habillé en dinosaure, tenait une pancarte « Go Fossil-free » (finissons-en avec les énergies fossiles »). Les Philippines sont en effet très dépendantes des centrales à charbon.

Cette journée d’action est censée culminer avec une grande manifestation à San Francisco, où se tiendra à partir du 12 septembre le Sommet mondial des villes et entreprises pour le climat, organisé par le gouverneur de Californie en réponse à la politique anti-écologique de Trump.

À Bangkok, près de 200 manifestants se sont réunis devant le siège régional de l’ONU où est organisée jusqu’à dimanche une réunion de préparation du prochain sommet sur le climat, dit COP24, prévu en Pologne dans trois mois.

Certains ont dénoncé l’arrêt de la contribution des États-Unis décidée par Donald Trump, un manifestant portant un masque du président américain.

« Nous condamnons le président Trump qui s’est retiré des accords de Paris », a déclaré Lidy Nacpil, représentante de l’Asian People’s movement in Debt and Developpement, un mouvement asiatique réclamant plus d’implication des pays riches, notamment de Washington.

Rôle de sape de Washington

Des participants à cette réunion préparatoire de Bangkok ont également dénoncé samedi le rôle de sape joué selon eux par les États-Unis.

« Les États-Unis ne sont plus dans le jeu, mais c’est toujours eux qui imposent les règles », a critiqué un négociateur de premier plan, pointant du doigt une délégation américaine venue pour « empoisonner » les débats.

En Australie, les organisateurs ont fait entrer dans le port de Sydney, face à son emblématique opéra, un bateau portant la bannière « Rise for climate ».

Et des centaines de manifestants se sont réunis devant les bureaux du premier ministre Scott Morrison en l’appelant à « sortir le charbon de la politique ».