Les patients saoudiens soignés au Canada doivent quitter le pays

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Joubeir
Photo: Fayez Nureldine Archives Agence France-Presse Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Joubeir

Après avoir rappelé son ambassadeur et ses étudiants, l’Arabie saoudite ordonne maintenant aux patients saoudiens qui se font soigner dans les hôpitaux canadiens de quitter le pays.

Le Royaume a également donné une directive à sa banque centrale et aux fonds de pension gouvernementaux de vendre tous les actifs canadiens qu’ils ont en leur possession.

Au cours d’une conférence de presse à Riyad, mercredi, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a dit que le Canada sait ce qu’il a à faire s’il veut mettre fin à la querelle.

Plus tôt, le ministère des Affaires étrangères du royaume sunnite avait répondu sur Twitter aux critiques formulées par la diplomatie canadienne.

« Il ne s’agit pas d’une question de droits de la personne ; c’est une question de sécurité nationale. Ces individus étaient en contact avec des entités et des ennemis étrangers », peut-on aussi lire sur le réseau social.

« Nous n’avons pas besoin de médiation ; l’Arabie saoudite ne se mêle pas des affaires canadiennes. Le Canada doit donc faire de même. »

Les Saoudiens en veulent à la ministre canadienne des Affaires étrangères qui leur a reproché les arrestations de militantes pour les droits de la personne.

La sortie de Chrystia Freeland sur Twitter a été inspirée par l’arrestation de la soeur de Raïf Badawi. Le blogueur saoudien croupit en prison depuis six ans. Son épouse et ses trois enfants se sont réfugiés à Sherbrooke et militent pour sa libération. Leurs efforts ont obtenu l’appui public des politiciens canadiens.

Mercredi matin, à Matane où il était de passage, le premier ministre Philippe Couillard s’est inquiété de l’impact des derniers développements sur le sort de M. Badawi. « Moi, ça fait des années que, de plusieurs façons — publiques ou moins publiques — je fais des efforts pour que M. Badawi puisse être libéré. Et malheureusement, un des sous-produits de l’état actuel de tension, c’est que ça rend moins probable sa libération », a raisonné M. Couillard.

Le premier ministre québécois a cependant dit « qu’il n’est pas mauvais » que le Canada se préoccupe publiquement de la situation des droits de la personne et de la liberté d’expression.

« Il faut espérer que les choses vont pouvoir se tasser, que la relation va se poursuivre et qu’on puisse accompagner ce pays où beaucoup de gens veulent que les progrès se poursuivent […] dans la progression », a souhaité M. Couillard.

Après avoir ordonné dimanche l’expulsion de l’ambassadeur canadien en poste à Riyad et gelé les relations commerciales entre les deux pays, le royaume sunnite avait ensuite annoncé lundi qu’il transférerait les quelque 7000 étudiants qui bénéficient d’une bourse du gouvernement saoudien pour étudier au Canada.