Un accès aux services de base de plus en plus restreint pour les migrants, dénonce la Croix-Rouge

Restreindre l'accès à des services de base comme la santé, un abri, de la nourriture ou une aide juridique sont des mesures parfois mises en place pour décourager l'immigration.
Photo: Elvis Barukcic Agence France-Presse Restreindre l'accès à des services de base comme la santé, un abri, de la nourriture ou une aide juridique sont des mesures parfois mises en place pour décourager l'immigration.

Confrontés à une hostilité grandissante, les migrants ont de plus en plus de mal à accéder à l’aide humanitaire et aux services vitaux dans les pays d’accueil, au mépris du droit international, dénonce la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans un rapport publié mardi.

Les gouvernements, en plein durcissement migratoire, notamment en Europe et aux États-Unis, adoptent des « stratégies » pour décourager l’immigration, allant jusqu’à « restreindre l’accès à des services de base comme la santé, un abri, de la nourriture ou une aide juridique », déplore la Fédération, sans citer de pays en particulier.

« Il n’y a aucun besoin de maltraiter les gens pour arriver à contrôler les frontières », affirme Francesco Rocca, président de la Fédération, qui rappelle que le droit international garantit la protection aux migrants, même ceux qui ne peuvent prétendre à l’asile.

Empêcher l’accès aux services essentiels « est complètement inacceptable. Tout le monde a le droit d’être traité avec dignité et respect », ajoute-t-il, cité dans un communiqué.

Dans le nord de la France, qui comprend la zone de Calais, une ONG a relevé que près des deux tiers des réfugiés et migrants dont elle s’occupait avaient des problèmes de santé « directement liés aux conditions dans lesquelles ils sont logés », selon le rapport.

Immoral et coûteux

Pour la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le refus de fournir des soins de base est non seulement immoral, mais coûteux.

« Des études en Allemagne et en Grèce ont montré que donner accès à des soins prénataux pouvait générer jusqu’à 48 % d’économies par rapport au coût d’éventuels soins d’urgence. »

Le rapport dénonce également la « criminalisation » par « certains États » — là aussi sans les nommer — du travail des organisations humanitaires.

Les opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée, organisées par les associations, se heurtent ainsi de plus en plus aux agents de contrôle des frontières et à des accusations de collusion avec les passeurs, pointe le rapport.

« L’idée que la perspective d’une aide ou d’un sauvetage favorise les migrations est tout simplement inexacte, assure M. Rocca. Les gens décident de partir pour des raisons bien plus profondes. »

Le rapport souligne aussi les « barrières indirectes » à l’accès aux services de base, comme la peur des migrants d’être harcelés ou interpellés lors d’une consultation.

États-Unis : des familles de migrants enfin réunies

San Diego — Des dizaines d’enfants devaient être relâchés, mardi aux États-Unis, de centres de détention pour les demandeurs d’asile pour être réunis avec leurs parents.

Un avocat du gouvernement a affirmé qu’au moins 54 enfants âgés de moins de cinq ans retrouveraient leurs parents avant la limite de mardi, décrétée par la cour.

Il ne s’agit toutefois que de la moitié des enfants visés par cet ordre de la cour.

Plus de 2000 enfants ont été séparés de leurs parents à la frontière américano-mexicaine pour être envoyés dans des centres disséminés à travers les États-Unis.

Pendant ce temps, leurs parents faisaient face à la justice pour être entrés illégalement au pays.

Depuis, le président américain, Donald Trump, a mis fin à cette politique de séparation des familles, qui avait pour but de dissuader les demandeurs d’asile à traverser la frontière.