Nucléaire: l’Iran gagne des soutiens face aux menaces américaines

Les chefs de la diplomatie des cinq puissances restant parties à l’accord nucléaire ont rencontré leur homologue iranien à Vienne pour la première fois depuis que Donald Trump s’est désengagé de l’accord.
Photo: Hans Punz Agence France-Presse Les chefs de la diplomatie des cinq puissances restant parties à l’accord nucléaire ont rencontré leur homologue iranien à Vienne pour la première fois depuis que Donald Trump s’est désengagé de l’accord.

L’Iran a engrangé vendredi le soutien des Européens, de la Russie et de la Chine, qui ont conforté son droit à exporter du pétrole et à rester un acteur du commerce international en dépit des menaces américaines liées au rétablissement des sanctions.

Pressés de faire des propositions à Téhéran, menacé d’un nouvel isolement économique, les chefs de la diplomatie des cinq puissances restant parties à l’accord nucléaire (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie) ont rencontré à Vienne leur homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, pour la première fois depuis que Donald Trump s’est désengagé de l’accord.

Ensemble, ils ont fixé une feuille de route pour sauver ce compromis historique signé en juillet 2015 et tenter de garder l’Iran connecté au système commercial et financier international.

Parmi les onze objectifs définis vendredi, les signataires ont plaidé pour « la poursuite des exportations de gaz et de pétrole iraniens » alors que les États-Unis ont demandé à tous les pays d’arrêter complètement leurs importations de pétrole d’Iran d’ici le 4 novembre.

Les récalcitrants s’exposent aux sanctions économiques que Washington va rétablir envers toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique.

« Volonté de résister »

À l’issue de la réunion, le chef de la diplomatie iranienne a salué la « volonté de résister » aux États-Unis manifestée par ses partenaires.

Les Européens, qui affirment leur attachement à l’accord, s’activent depuis deux mois pour essayer de conserver l’adhésion de l’Iran à ce pacte par lequel le pays s’engage à ne pas se doter de l’arme atomique.

Mais pour les onze objectifs définis vendredi, les signataires ne précisent pas comment, concrètement, relever ce défi alors que la perspective du retour des sanctions américaines a commencé à faire fuir d’Iran les investisseurs étrangers.

Outre le soutien aux exportations de pétrole iranien, ils veulent « la préservation et le maintien de canaux financiers efficaces avec l’Iran, la poursuite des communications maritimes, terrestres, aériennes et ferroviaires, la promotion de la couverture du crédit à l’exportation, un soutien clair et efficace aux opérateurs économiques qui commercent avec l’Iran […], l’encouragement de nouveaux investissements en Iran, la protection des opérateurs économiques pour leurs investissements et autres activités financières en Iran ».

« C’est la première fois qu’ils montrent un tel engagement à ce niveau, mais il faudra voir à l’avenir s’il y a une différence entre ce qu’ils veulent véritablement faire et ce qu’ils pourront faire », a estimé M. Zarif.

« Nous formulons une offre que nous trouvons attrayante », a affirmé le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, au début de la réunion.

Son homologue français, Jean-Yves Le Drian, interviewé sur la radio RTL avant la rencontre, avait estimé que la formulation de propositions concrètes prendrait encore quelques mois.

« Pour le mois de novembre, nous essayons d’y aboutir », a-t-il assuré.

Le 4 novembre doit marquer la date du retour en vigueur des sanctions américaines contre le secteur énergétique iranien. L’Iran dispose des deuxièmes réserves mondiales de gaz, après la Russie, et des quatrièmes réserves mondiales de pétrole.

En visite en Suisse cette semaine, le président Rohani avait affirmé que les États-Unis ne pourront jamais empêcher l’Iran d’exporter son pétrole, qualifiant l’annonce du département d’État de « pure imagination ».

La contrepartie pour l’Iran de l’accord de 2015 et du contrôle de ses activités nucléaires fut la levée des sanctions économiques internationales, avec la perspective de nouveaux investissements pour tenter de remettre à flot une économie en grandes difficultés.