Les mosquées chinoises appelées à hisser le drapeau national

Le Parti communiste chinois s’oppose à toute structure qui pourrait constituer un contre-pouvoir. Les organisations religieuses sont étroitement surveillées.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Le Parti communiste chinois s’oppose à toute structure qui pourrait constituer un contre-pouvoir. Les organisations religieuses sont étroitement surveillées.

Toutes les mosquées de Chine doivent hisser le drapeau national pour « développer l’esprit patriotique », ont déclaré les autorités musulmanes, à l’heure où le Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir renforce son emprise sur l’islam.

Les drapeaux devront être installés « bien en évidence » sur les lieux de culte, a souligné l’Association islamique de Chine dans une note publiée samedi sur son site Internet.

« Cela renforcera le sentiment d’appartenance nationale, le sentiment de citoyenneté, et développera l’esprit patriotique », estime cette organisation religieuse placée sous contrôle du PCC.

Le personnel des mosquées devra également étudier la Constitution chinoise — modifiée début 2018 pour y faire figurer la pensée du président Xi Jinping — et les « valeurs centrales du socialisme » défendues par le Parti communiste.

L’islam est présent en Chine depuis le VIIe siècle. Le pays compte aujourd’hui plus de 20 millions de musulmans, sur une population totale de 1,38 milliard d’habitants.

« Après plus d’un millénaire de développement, la culture islamique fait désormais partie de la culture chinoise », souligne l’Association islamique de Chine dans sa note, qui plaide pour une intégration encore plus poussée de l’islam.

Elle appelle ainsi les responsables de mosquées à « étudier les excellentes oeuvres classiques de la culture chinoise » et à donner plus d’importance aux enseignements de sages musulmans chinois — par rapport aux étrangers.

Surveillance accrue

Le PCC dirige la Chine depuis 1949 et s’oppose à toute structure qui pourrait constituer un contre-pouvoir. Les organisations religieuses sont étroitement surveillées. Les autorités disent régulièrement faire face à une menace croissante de l’islam radical.

La Chine s’inquiète notamment de la situation dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest du pays, peuplée de nombreux musulmans. Des attentats y ont fait des centaines de morts ces dernières années. Et Pékin s’alarme des liens entre militants radicalisés et groupes djihadistes étrangers.

Les autorités régionales y interdisent depuis 2017 le port du voile intégral. Elles découragent également l’observance du jeûne du ramadan par les fonctionnaires et les étudiants.

De nouvelles règles encadrant les religions sont entrées en vigueur en Chine le 1er février. Elles prévoient notamment d’interdire les dons venant de l’étranger ou de restreindre les conditions d’ouverture des écoles confessionnelles.