Nucléaire iranien: les États-Unis promettent de «travailler dur» en vue d’un nouvel accord

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo
Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo

Washington a promis dimanche de « travailler dur avec les Européens » afin de parvenir à un nouvel accord pour contrer « le comportement néfaste » de Téhéran, Donald Trump justifiant de nouveau le retrait des États-Unis de l’accord en affirmant que ce geste avait permis de brider les ambitions régionales iraniennes.

Le président américain est revenu sur ce sujet brûlant dimanche. « Souvenez-vous à quel point l’Iran se comportait mal lorsque l’accord iranien était en vigueur. Ils essayaient de dominer le Moyen-Orient par tous les moyens nécessaires. Maintenant, cela n’arrivera plus ! » a-t-il écrit sur Twitter.

Plus tôt dans la matinée, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, et le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, avaient fait la tournée des plateaux de télévision pour justifier le retrait américain de cet accord négocié par le gouvernement démocrate de Barack Obama.

Avec un message appuyé en direction des partenaires européens, que le retrait « ne visait pas », selon Mike Pompeo, même si leurs entreprises commerçant avec l’Iran sont directement menacées par le rétablissement des sanctions américaines.

« J’espère que dans les jours et les semaines à venir, nous pourrons parvenir à un accord qui fonctionne vraiment, qui protège réellement le monde face au mauvais comportement iranien, pas juste sur leur programme nucléaire mais également leurs missiles et leur comportement néfaste. Et je travaillerai de près avec les Européens pour tenter d’y parvenir », a-t-il déclaré sur les ondes de la chaîne américaine Fox.

Train de sanctions

L’accord conclu en 2015 entre l’Iran et le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) prévoyait une levée des sanctions visant Téhéran, en contrepartie de son engagement à ne pas se doter de l’arme nucléaire.

Après l’annonce le 8 mai du retrait total des États-Unis et du rétablissement des sanctions, les signataires européens — la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni — se sont dits « déterminés à assurer la mise en oeuvre » du texte en « maintenant les bénéfices économiques » au profit de la population iranienne.

Après avoir proposé la négociation d’un accord complémentaire, le président français, Emmanuel Macron, a confié à Donald Trump sa « grande préoccupation » sur la stabilité dans la région, lors d’un entretien téléphonique samedi.

« Nous allons continuer à travailler, le président Trump comme le président Macron, nous voulons un bon accord, nous allons y travailler dur dans les semaines à venir », a souligné Mike Pompeo sur la chaîne CBS.

« Nous allons opérer un changement de direction », a-t-il martelé. Donald Trump veut « priver » les Iraniens « de cette richesse » accumulée selon lui grâce à la levée des sanctions.

Comme son président, le chef de la diplomatie a fermement rejeté dimanche toute notion selon laquelle le regain de tensions des derniers jours dans la région était dû au fait que Téhéran se sentait moins bridé depuis le retrait américain de l’accord. « C’est ridicule », a-t-il asséné. Un argument rebattu par le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump.

« Si vous observez les avancées que l’Iran a faites sous couvert de cet accord, ses avancées militaires conventionnelles et terroristes, en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen, depuis 2015 l’Iran avançait réellement. Ils étaient en train de faire basculer l’équilibre du pouvoir au Moyen-Orient jusqu’à ce que le président Trump se retire de cet accord », a affirmé John Bolton.

Une tournée marathon

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a entamé dimanche en Chine une tournée qui doit le conduire en Russie et en Europe, pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et préserver les intérêts économiques de son pays.

Au premier jour de sa tournée mondiale, le ministre des Affaires étrangères a affiché un optimisme prudent à Pékin, premier partenaire commercial et économique de l’Iran, qui avait dit « regretter » la décision américaine. « Nous espérons, grâce à cette visite en Chine et dans d’autres pays, être capables d’établir un cadre futur clair pour l’accord », a expliqué Mohammad Javad Zarif.

Circonspect, le chef de la diplomatie iranienne a toutefois lancé un avertissement : « Si l’accord doit perdurer, nos intérêts doivent être assurés. Nous allons voir comment [les pays européens] garantissent que les intérêts de l’Iran soient assurés », le cas échéant, a-t-il déclaré. « Nous sommes prêts pour toutes les options. »