Trump et Kim se verront le 12 juin à Singapour

Le leader nord-coréen, Kim Jong-un, et le président américain, Donald Trump
Photomontage: Saul Loeb Archives Agence France-Presse Le leader nord-coréen, Kim Jong-un, et le président américain, Donald Trump

Washington — Le 12 juin à Singapour : dans un mois, Donald Trump et Kim Jong-un vont se rencontrer lors d’un sommet historique pour discuter d’un enjeu crucial, la « dénucléarisation » de la Corée du Nord après des mois d’escalade et de tensions.

Le président des États-Unis, qui entretenait le suspense sur la date et le lieu de ce tête-à-tête, en a fait l’annonce jeudi quelques heures après avoir accueilli, près de Washington, trois prisonniers américains tout juste libérés par Pyongyang.

« La rencontre très attendue entre Kim Jong-un et moi aura lieu à Singapour le 12 juin. Nous allons tous deux essayer d’en faire un moment très important pour la Paix dans le Monde ! » a-t-il écrit sur Twitter.

Son secrétaire d’État, Mike Pompeo, qui vient de se rendre dans la capitale nord-coréenne pour préparer le sommet, n’a pas exclu qu’il dure plus d’un jour.

Photo: Mark Wilson Getty Images Agence France-Presse Donald Trump a confirmé la rencontre après avoir accueilli trois prisonniers américains libérés par Pyongyang.

Depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953) qui n’a toujours pas donné lieu à un traité de paix, aucun président américain n’a rencontré jusqu’ici un dirigeant nord-coréen. Les plus hauts responsables américains en exercice à se rendre en Corée du Nord ont été des secrétaires d’État : Madeleine Albright en 2000 lors d’un bref dégel sans lendemain sur les dossiers balistique et nucléaire nord-coréen et Mike Pompeo qui a ramené jeudi les ex-prisonniers.

Les ex-présidents Jimmy Carter et Bill Clinton ont aussi fait le déplacement à Pyongyang.

Après s’être montré tenté par un sommet à la frontière entre les deux Corées, où Kim Jong-un s’est réuni fin avril avec le président sud-coréen Moon Jae-in pour une autre rencontre riche en images fortes, Donald Trump avait exclu mercredi cette piste. Singapour était alors devenue l’option la plus probable.

Il fallait « trouver un endroit neutre où Trump et Kim puissent se sentir tous deux en sécurité tout en fournissant le cadre spectaculaire dont ils ont besoin pour ce sommet historique », a souligné Jean Lee, experte du think tank Wilson Center, sur Twitter. Il fallait aussi que ce soit « assez proche » de Pyongyang « pour que Kim puisse s’y rendre dans son petit avion ».

Pourquoi Singapour ?

Un pied à l’est, un autre à l’ouest, Singapour était l’un des endroits les plus sûrs d’Asie pour accueillir le 12 juin le sommet historique entre les dirigeants américain et nord-coréen. D’après les observateurs, ce « hub financier » sud-asiatique a très probablement été sélectionné pour sa neutralité, ses conditions de sécurité et sa capacité à organiser des sommets internationaux. 

La cité-État ultramoderne, dotée d’imposantes infrastructures de sécurité, est largement considérée comme l’une des villes les plus sûres d’Asie. Elle a également imposé des restrictions sévères à la liberté des médias et aux rassemblements publics, un environnement sous contrôle à même de rassurer les Nord-Coréens. 

Singapour est enfin l’un des rares États à avoir à la fois des liens diplomatiques cordiaux avec les États-Unis et la Corée du Nord. Elle considère Washington comme un partenaire proche, alors que Pyongyang y maintient une ambassade. La cité-État est par ailleurs bien perçue de la Chine, alliée principale de la Corée du Nord.