Attaques coordonnées contre des commissariats de police à Kaboul

Aucun groupe n’a revendiqué dans l’immédiat les attaques.
Photo: Usman Sharifi Agence France-Presse Aucun groupe n’a revendiqué dans l’immédiat les attaques.

Plusieurs attaques visant deux commissariats de police et apparemment coordonnées ont secoué Kaboul mercredi, dont l'une a été revendiquée par le groupe État islamique.

 

Une série de fortes explosions, suivies de rafales d'armes à feu opposant assaillants et forces de l'ordre, a secoué Kaboul en fin de matinée.

Une nouvelle forte explosion a par la suite été retenti à Kaboul mercredi en fin d'après-midi, a constaté l'AFP.

 

Au moins deux policiers ont été tués et une demi-douzaine de civils blessés dans les attaques, dont l'une n'était toujours pas achevée en milieu d'après-midi, selon des sources policières et médicales. 

 

Le groupe État islamique a revendiqué la première attaque, qui s'est déroulée à l'encontre d'un commissariat de police situé dans un quartier à majorité chiite de l'ouest de la ville, et qui est désormais terminée, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police, Hashmatullah Estanakzai.

 

« Deux assaillants ont été tués. Deux policiers ont aussi perdu la vie et deux autres sont blessés », a déclaré M. Estanakzai.

 

Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur Najib Danish, un kamikaze s'est fait exploser devant le bâtiment. S'en est suivi un échange de tirs nourris entre d'autres assaillants et des policiers.

 

Des images de la chaîne Ariana TV montraient un épais panache de fumée noire monter vers le ciel. Une photo postée par un usager de Twitter montre un bâtiment en flammes, présenté comme l'un des commissariats touchés. 

 

La seconde attaque s'est produite devant le commissariat de police numéro 10 dans le quartier de Shar-e-Naw, au centre de Kaboul. Les « opérations de recherche et de nettoyage » se poursuivent, a indiqué le porte-parole de la police.

 

Un correspondant de l'AFP qui se trouvait à proximité du site a aperçu un corps dans la rue et a entendu plusieurs coups de feu. Il a également vu plusieurs femmes terrifiées quitter les lieux en courant. Cette seconde attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

 

D'après le porte-parole du ministère de la Santé, Waheed Majroh, une personne a été tuée et six autres blessées dans la première attaque. Aucun autre bilan n'était disponible dans l'immédiat. 

 

Le groupe EI avait déjà revendiqué le double attentat suicide dans la capitale afghane qui avait tué au moins 25 personnes lundi dernier, dont le chef photographe de l'AFP Shah Marai et huit autres journalistes.

 

Offensive de printemps

Les talibans ont récemment lancé leur offensive de printemps, multipliant les assauts contre les forces de sécurité afghanes, en ce qui s'apparente à un rejet tacite d'une récente offre de pourparlers de paix de la part du président Ashraf Ghani.

 

Cette offensive, baptisée Al Khandaq, vise à « écraser, tuer et capturer les envahisseurs américains et leurs partisans », avaient indiqué les insurgés fin avril.

 

Après une relative diminution de la violence dans Kaboul en février et mars, les extrémistes y ont multiplié les assauts. Les autorités redoutent en outre de nouvelles violences dans les jours à venir.

 

Le dimanche 22 avril, un autre attentat suicide contre un centre d'enregistrement électoral avait fait près de 60 morts et 20 blessés. 

 

Et lundi, un kamikaze visant une opération de don du sang en faveur des blessés des récents attentats s'est fait exploser dans un parc de Kaboul, sans faire de victimes.  

 

Tant les talibans que l'EI ont fait savoir qu'ils chercheraient à perturber au maximum le processus électoral, avant des scrutins prévus le 20 octobre. Dimanche, l'explosion d'une bombe dans un autre centre d'enregistrement de Khost (Est) a également fait au moins 13 morts et 33 blessés.

 

La capitale afghane est devenue selon l'ONU l'endroit le plus dangereux du pays pour les civils, avec depuis un an une recrudescence des attentats d'ampleur, généralement perpétrés par des kamikazes et tour à tour revendiqués par les talibans ou le groupe État islamique.