Reprise du dialogue Colombie-ELN la semaine prochaine à Cuba

Le président colombien Juan Manuel Santos cherche à obtenir la «paix complète» en Colombie.
Photo: Hector Retamal Agence France-Presse Le président colombien Juan Manuel Santos cherche à obtenir la «paix complète» en Colombie.

Bogotá — Les pourparlers de paix entre le gouvernement colombien et la guérilla de l’ELN reprendront la semaine prochaine à Cuba, ont annoncé samedi les deux parties, après la décision de l’Équateur de ne plus les accueillir.

« Après avoir examiné conjointement les options pour reprendre le dialogue le plus tôt possible, nous avons décidé de continuer le cinquième cycle (de discussions) dans la ville de La Havane à partir de la semaine prochaine », ont annoncé les deux parties dans un communiqué.

Ces pourparlers visent à mettre fin à un demi-siècle de conflit armé, après le premier accord de paix signé fin 2016 entre le gouvernement colombien et la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), au terme de quatre ans de négociations à Cuba.

L’Équateur accueillait depuis 2017 les pourparlers avec l’ELN (Armée de libération nationale), dernière guérilla en activité en Colombie avec 1500 combattants.

Mais le 18 avril (BIEN 18 avril), le président équatorien Lenin Moreno a annoncé que son pays renonçait à être le siège de ces discussions ainsi qu’un des six garants du dialogue, après des attaques et enlèvements par des dissidents des FARC sur son territoire.

Le pays a notamment été traumatisé par le kidnapping puis le meurtre de deux journalistes et un chauffeur du quotidien El Comercio, qui réalisaient un reportage à la frontière Equateur-Colombie.

Au moment de la suspension de ces négociations, officialisée le 20 avril, le gouvernement et l’ELN tentaient de parvenir à un cessez-le-feu bilatéral. Une première trêve, inédite dans l’histoire de la guérilla, avait été observée entre octobre et janvier.

Le dialogue avait ensuite été gelé en raison d’une recrudescence des affrontements, avant de reprendre le 15 avril.

« Le travail de ce cinquième cycle continuera de se concentrer sur la négociation d’un nouveau cessez-le-feu et de la participation de la société », avec en ligne de mire « la possibilité de parvenir à un accord cadre », précise le communiqué.

Cinq autres pays — le Brésil, le Chili, Cuba, la Norvège et le Venezuela — se sont portés garants de ce dialogue de paix.

« Nous espérons avancer très rapidement », a déclaré samedi le président colombien Juan Manuel Santos.

Le dirigeant, récompensé du prix Nobel de la paix en 2016, cherche à obtenir la « paix complète » en Colombie, pays déchiré par un demi-siècle de conflit armé opposant guérillas, paramilitaires et agents de l’État, avec au total quelque huit millions de victimes, entre morts, disparus et déplacés.

Mais les experts soulignent la difficulté de négocier un accord de paix avec l’ELN, guérilla dotée d’une structure fédérale accordant une large autonomie militaire à ses différentes factions.