Les missiles «arrivent» en Syrie, prévient Donald Trump

Le président américain, Donald Trump
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump

Les missiles « arrivent » : Donald Trump a annoncé mercredi une riposte occidentale imminente au bombardement chimique présumé en Syrie, portant la tension avec Moscou à son sommet depuis le début de cette crise.

« La Russie jure d’abattre n’importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et “intelligents !” Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela », a écrit sur Twitter le président des États-Unis, au lendemain d’un veto russe à l’ONU à un projet de résolution américain.

En appui au président, le Pentagone s’est dit « prêt » à présenter des options militaires pour frapper en Syrie.

Face à ces menaces de plus en plus précises, le régime de Bachar al-Assad, accusé d’être l’auteur d’une attaque chimique présumée le 7 avril, a évacué des aéroports et des bases militaires.

Cette perspective d’une action militaire des Américains, soutenus par la France et probablement le Royaume-Uni, s’inscrit dans un contexte extrêmement difficile entre l’Occident et la Russie. Les relations sont déjà passablement dégradées par l’affaire de l’ex-espion Sergueï Skripal, empoisonné par un agent innervant en Angleterre le 4 mars.

Des tensions symbolisées par un dialogue diplomatique de sourds à l’ONU. Mardi, Moscou a opposé son veto au Conseil de sécurité à un projet de résolution américain visant à créer un mécanisme d’enquête indépendant sur le recours aux armes chimiques en Syrie.

Signe de la complexité d’un conflit aux multiples acteurs, la Russie a appelé Israël, accusé d’avoir mené un raid lundi contre une base aérienne syrienne, à « s’abstenir de toute action qui déstabiliserait encore plus la situation » en Syrie.

Dans ses tweets matinaux, Donald Trump s’en est vivement pris à la Russie, soutien indéfectible du régime syrien accusé d’être responsable de l’attaque « aux gaz toxiques » à Douma, près de Damas, qui a fait plus de 40 morts.

« Le président tient la Syrie et la Russie pour responsables de cette attaque aux armes chimiques », a plus tard déclaré Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif américain en point de presse.

Interrogée sur d’éventuelles frappes militaires à venir, Mme Sanders s’est bornée à affirmer que les discussions étaient toujours en cours.

« Toutes les options sont sur la table, la décision définitive n’a pas été prise », a-t-elle déclaré.

La Maison-Blanche se prépare-t-elle à un possible affrontement militaire direct avec la Russie ? « Une fois de plus, toutes les options sont sur la table », a-t-elle simplement répété, sans plus de précisions.

L’ambassadeur russe au Liban, Aleksander Zasypkin, s’est fait menaçant sur la chaîne Al-Manar, basée au Liban et gérée par le Hezbollah chiite libanais : « En cas de frappe américaine […], les missiles seront détruits, de même que les équipements d’où ils ont été lancés. »

M. Trump a déploré que les relations entre les États-Unis et la Russie soient « pires aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été, y compris pendant la guerre froide ».

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exhorté les cinq membres permanents du Conseil de sécurité « à éviter une situation hors de contrôle » en Syrie, en dénonçant « l’impasse actuelle », dans un communiqué publié mercredi soir.

L’Organisation internationale sur les armes chimiques (OIAC), organisme dont le mandat est d’enquêter sur une attaque présumée mais pas d’en identifier les responsables, a annoncé mardi l’envoi « sous peu » d’une équipe en Syrie pour faire la lumière sur ce qui s’est passé à Douma.

Moscou répond à Washington... sur Facebook

C’est d'abord sur Facebook que la Russie a servi sa première réponse aux tweets de Donald Trump mercredi matin.

Alors que le président américain promettait de frapper le régime de Damas, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, s’est servi du plus grand réseau social du monde pour remettre en question les motifs de Washington.

« L’idée serait-elle d’effacer rapidement les traces de provocations par des frappes de missiles intelligents, et les inspecteurs n’auront plus rien à trouver en termes de preuves », s’est-elle interrogée sur Facebook, en russe, quelques minutes après le tweet du président américain.