Cambridge Analytica a accédé aux données de 87 millions d’utilisateurs de Facebook

Les bureaux de Cambridge Analytica à Londres au Royaume-Uni. La firme a récupéré, via un questionnaire psychologique auquel ont répondu 270 000 personnes, les données de 87 millions de leurs amis, en 2014.
Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse Les bureaux de Cambridge Analytica à Londres au Royaume-Uni. La firme a récupéré, via un questionnaire psychologique auquel ont répondu 270 000 personnes, les données de 87 millions de leurs amis, en 2014.

Mark Zuckerberg a assuré mercredi qu’il était toujours la bonne personne pour diriger Facebook, peu après avoir révélé que Cambridge Analytica avait eu accès aux données personnelles de 87 millions de personnes, dont plus de 620 000 Canadiens.

Depuis le début du scandale qui a éclaté le mois dernier, il était plutôt question du détournement de renseignements personnels de 50 millions d’Américains par la firme britannique, à des fins politiques.

« Je pense que nous aurions dû mieux faire depuis longtemps », a reconnu Mark Zuckerberg lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. Il a aussi promis qu’il irait s’expliquer en personne le 11 avril devant des parlementaires américains.

Plus tôt dans la journée, le réseau social avait d’ailleurs annoncé de nouvelles mesures pour rendre les paramètres de confidentialité plus clairs et limiter le partage de données personnelles.

« Il est important de montrer aux gens noir sur blanc comment fonctionnent nos produits, c’est l’une des façons qui permettent aux gens de prendre des décisions éclairées à propos de leur vie privée », a écrit Facebook sur son site.

Pas de nouveaux paramètres, mais des outils plus faciles à utiliser et expliqués « dans une langue plus facile à lire », voilà ce que promet le réseau social.

Les données personnelles sont au coeur du modèle économique de Facebook, tout comme Twitter ou Google, car elles permettent de cibler au plus près des contenus publicitaires, d’ordre commerciaux ou politiques.

C’est par l’entremise d’un questionnaire psychologique auquel ont répondu 270 000 personnes que les données de 87 millions de leurs amis ont été récupérées par Cambridge Analytica en 2014.

La société britannique a pu ainsi se constituer une précieuse base de données avant d’être embauchée par l’équipe de campagne du président Donald Trump.

Depuis ces révélations, qui font l’objet d’enquêtes et de plaintes des deux côtés de l’Atlantique, le groupe enchaîne communiqués et interviews pour redorer son image, fortement ébranlée par le scandale.

 

Le Canada aussi visé

Dans une déclaration publiée mercredi, Facebook a affirmé que les données de 622 161 utilisateurs du réseau social au Canada avaient été obtenues par Cambridge Analytica.

Le mois dernier, le commissaire à la vie privée du pays a lancé une enquête afin de déterminer si Facebook avait respecté les lois fédérales sur la vie privée encadrant les entreprises privées.

Le ministère des Institutions démocratiques a aussi dit être disposé à raffermir les lois fédérales sur la protection de la vie privée, qui ne s’appliquent pas actuellement aux partis politiques.