Moscou demande à Londres de réduire son personnel diplomatique

Un homme marche devant l'ambassade britannique à Moscou, le 14 mars dernier.
Photo: Alexander Nemenov Agence France-Presse Un homme marche devant l'ambassade britannique à Moscou, le 14 mars dernier.

Moscou — Moscou a annoncé samedi que la Grande-Bretagne devrait réduire son personnel diplomatique en Russie de plus de 50 personnes, dans le cadre de l’affaire Skripal à l’origine d’une grave crise avec les pays occidentaux.

« La Russie a suggéré la parité. La partie britannique a plus de 50 personnes en excédent », a déclaré à l’AFP la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova.

Vendredi, Moscou avait donné un mois à Londres pour réduire son effectif diplomatique en Russie au même niveau que celui des missions diplomatiques russes au Royaume-Uni.

Ces nouvelles mesures, après le départ de 23 diplomates britanniques qui ont déjà quitté la Russie, constituent des représailles aux appels de Londres à ses alliés pour l’expulsion de diplomates russes.

À Londres, une porte-parole du Foreign Office a déclaré samedi que « nous étudions les implications » des mesures annoncées par Moscou.

Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué vendredi que l’ambassadeur britannique en Russie Laurie Bristow s’était vu remettre une note de protestation en lien avec « les actions provocatrices et infondées de la partie britannique qui a été l’instigatrice de l’expulsion injustifiée de diplomates russes par divers États ».

L’empoisonnement le 4 mars sur le sol britannique de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia a suscité une vague d’expulsions croisées concernant au total près de 300 diplomates de part et d’autre.

Plus de 150 diplomates russes ont été expulsés par les États-Unis et d’autres pays, dont des membres de l’Union européenne et de l’OTAN. En représailles, Moscou a pris des mesures identiques envers plus de 140 diplomates.

Londres impute à la Russie l’empoisonnement de l’ex-espion et sa fille malgré les démentis de Moscou qui clame son innocence et a demandé la convocation d’une « session extraordinaire » du Conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

La vague d’expulsions a démarré le 14 mars avec l’annonce par Londres de l’expulsion de 23 diplomates russes et la suspension des contacts à haut niveau. La Russie a ordonné le 17 mars l’expulsion de 23 Britanniques et la fermeture des activités du British Council.

Jeudi et vendredi, Moscou a ordonné l’expulsion d’au moins 121 diplomates d’autres pays en poste en Russie dont 60 pour les États-Unis. Moscou répond à l’identique en expulsant le même nombre de diplomates que chaque pays a expulsé d’émissaires russes.

Les 60 diplomates russes expulsés par les États-Unis vont regagner la Russie samedi, selon l’ambassadeur russe à Washington Anatoli Antonov, cité par l’agence étatique TASS.