Nucléaire: Tillerson est «à l’écoute» de la Corée du Nord

Le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson
Photo: Adem Altan Agence France-Presse Le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson

Washington — Les États-Unis sont « à l’écoute » de signes montrant que la Corée du Nord souhaite des discussions directes sur son programme nucléaire, affirme le secrétaire d’État américain Rex Tillerson dans un entretien à la chaîne CBS.

« Mon travail de chef de la diplomatie est de m’assurer que les Nord-Coréens savent que nous gardons nos canaux [de communications] ouverts », dit-il dans l’émission 60 Minutes qui doit être diffusée dimanche.

« Je suis à l’écoute. Je ne renvoie pas beaucoup de messages parce que nous n’avons rien à leur dire jusqu’ici », explique-t-il, lançant à l’adresse du régime de Pyongyang : « Donc j’attends que vous me disiez que vous être prêts à discuter ».

Les États-Unis tentent depuis des années d’empêcher le développement des programmes nucléaire et de missiles balistiques nord-coréens, considérés par Washington comme une menace « existentielle ». Le régime de Kim Jong-un a procédé l’année dernière à plusieurs tirs de missiles ICBM ayant une portée suffisante pour frapper le territoire américain et a mené en septembre son plus puissant essai nucléaire à ce jour.

Donald Trump souffle depuis un an le chaud et le froid, menaçant la Corée du Nord de frappe préventive ou de « détruire totalement » le pays en cas d’attaque, mais se disant aussi prêt au dialogue. Les relations se sont ainsi réchauffées récemment et Washington s’est dit ouvert à des discussions directes.

« Nous recevons des messages » de Corée du nord « et je pense que nous nous exprimerons clairement sur la façon dont nous voulons que se déroule cette première conversation », précise M. Tillerson, soulignant que Washington ne ferait aucune concession.

« Nous n’avons pas de carotte pour les convaincre de parler, nous avons de gros bâtons et c’est ce qu’ils doivent comprendre », lance-t-il.

En 2017, à l’initiative de Washington, le Conseil de sécurité a imposé trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord qui touchent notamment ses exportations de charbon, de fer, sa pêche et son textile et limitent ses approvisionnements en pétrole. Donald Trump a également demandé à la Chine et à la Russie d’exercer des pressions sur Pyongyang.

« Cette campagne de pressions affecte la Corée du Nord », assure le secrétaire d’État, qui avait déjà évoqué la possibilité de discussions directes entre les deux pays.

« Nous avons dit depuis un moment que c’est vraiment du ressort des Nord-Coréens de décider quand ils sont prêts à entamer [la discussion] avec nous de manière sincère », a-t-il dit le 12 février lors d’une visite en Égypte. Il avait précisé que le régime de Kim Jong-un savait « quelles sont les conditions nécessaires pour la négociation ».

Washington veut que Pyongyang fasse des pas concrets vers une dénucléarisation avant toute discussion.