La Finlande réélit son président sortant

Cette victoire dès le premier tour du président finlandais sortant, Sauli Niinistö, est une première depuis 1994.
Photo: Vesa Moilanen Agence France-Presse Cette victoire dès le premier tour du président finlandais sortant, Sauli Niinistö, est une première depuis 1994.

Sauli Niinistö, charismatique président sortant, a été réélu dimanche à la tête de la Finlande avec plus de 60 % des suffrages, preuve que sa maîtrise dans l’art de rapprocher son pays de l’Occident sans heurter son puissant voisin russe satisfait ses compatriotes.

Après le dépouillement de l’ensemble des bulletins, Sauli Niinistö rassemble 62,7 % des suffrages, selon les résultats publiés par le ministère de la Justice, reléguant loin derrière son principal rival, le candidat du Parti vert, Pekka Haavisto, avec 12,4 % des voix.

« Ce résultat est plutôt étonnant », a-t-il déclaré en revendiquant modestement la victoire, tout en ajoutant être « touché par ce soutien ».

Cette victoire dès le premier tour est du jamais vu depuis 1994 et la première élection du président finlandais au scrutin majoritaire direct.

Quelque 66,7 % des 3,5 millions d’électeurs se sont déplacés pour voter. Une participation légèrement en baisse par rapport à 2012 où elle avait atteint 72,8 %.

Depuis son élection en 2012, Niinistö, qui se présentait cette année comme indépendant, bat des records de popularité notamment grâce à sa stratégie envers la Russie.

Le président, chef de l’État et des armées, partage la conduite des Affaires internationales et de défense avec le gouvernement, à l’exception des Affaires européennes qui en principe lui échappent.

Sa mission première a été de mettre la Finlande sous la protection du bouclier nucléaire américain, sans heurter Vladimir Poutine, à couteaux tirés avec l’Union européenne et ses alliés depuis l’annexion de la Crimée par Moscou en 2014.

Cette stratégie a séduit les Finlandais, qui partagent avec les Russes une frontière de 1340 kilomètres, la plus longue de l’Union européenne avec ce puissant voisin.

« Niinistö n’est pas favorable au fait que la Finlande rejoigne l’OTAN, mais il est favorable à l’établissement de liens plus forts avec l’Occident », a rappelé auprès de l’AFP Tapio Raunio, professeur de sciences politiques à l’Université de Tampere. Une position « partagée par les partis politiques principaux et aussi par l’opinion » publique.

Il a « joué un rôle actif en politique étrangère, en rencontrant les dirigeants russes […] les gens apprécient le leadership dont il a fait preuve », a souligné M. Raunio.

Habitué des hautes sphères du pouvoir depuis le milieu des années 1990, Sauli Niinistö est né en 1948 dans une famille ouvrière du sud-ouest du pays.

Membre du parti conservateur Coalition nationale, il est ministre de la Justice en 1995-1996, prend ensuite le portefeuille des Finances (1996-2003) et aide son pays à sortir de la récession à la fin des années 1990 avant de le faire entrer dans la zone euro.

Les résultats définitifs seront publiés le 30 janvier, a fait savoir dimanche le ministère de l’Intérieur.

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