Poutine ordonne de «liquider» les auteurs d’attentat menaçant la police

Le président russe a annoncé avoir ordonné aux services de sécurité du pays de « liquider les bandits sur place », « en cas de menace à la vie ou à la santé » des forces de l’ordre.<br />
 
Photo: Alexander Nemenov Agence France-Presse Le président russe a annoncé avoir ordonné aux services de sécurité du pays de « liquider les bandits sur place », « en cas de menace à la vie ou à la santé » des forces de l’ordre.
 

Vladimir Poutine a ordonné jeudi de « liquider sur place » les auteurs d’attentat mettant en danger les forces de l’ordre après un « acte terroriste » à Saint-Pétersbourg, dans un contexte de menace liée au retour des djihadistes partis en Syrie.

 

L’explosion d’une bombe artisanale dans un casier de la consigne d’un supermarché de la deuxième ville de Russie a fait 14 blessés mercredi soir, dont 13 ont été hospitalisés, à quatre jours du réveillon du Nouvel an.

 

Si les enquêteurs ont ouvert une procédure formelle pour « tentative d’homicide », le président russe a qualifié les faits d’« acte terroriste » lors d’une cérémonie au Kremlin pour des militaires ayant participé à l’intervention en Syrie.

 

Il a ajouté avoir donné l’ordre aux services spéciaux du FSB, « lors des arrestations, d’agir dans le cadre de la loi » ; « Mais en cas de menace pour la vie ou la santé de nos agents, de nos officiers, il faut agir de manière ferme et ne pas faire de prisonniers, mais liquider les bandits sur place », a-t-il ajouté.

 

Son porte-parole Dmitri Peskov a précisé à la presse que cet ordre concernait « ceux qui se préparent à commettre des attentats dans notre pays ».

 

La Russie a été menacée à plusieurs reprises par l’organisation État islamique (EI) et par la branche syrienne d’al-Qaïda après le début de son intervention militaire en Syrie, le 30 septembre 2015.

 

Après l’annonce mi-décembre par Vladimir Poutine d’un retrait partiel de ses troupes, les services de sécurité ont dit craindre une arrivée de djihadistes de retour de Syrie et d’Irak maintenant que le groupe État islamique a perdu la quasi-totalité de son territoire.

 

« Dictature barbare »

 

Près de 4500 citoyens russes sont partis à l’étranger pour combattre « aux côtés des terroristes », selon le directeur du FSB, Alexandre Bortnikov.

 

Aux Russes partis combattre en Irak et en Syrie, originaires en majorité des républiques musulmanes instables du Caucase, s’ajoutent plusieurs milliers de combattants issus des pays d’Asie centrale, qui comptent une importante diaspora en Russie.

 

Vladimir Poutine a souligné que l’intervention russe en Syrie avait permis de tuer « des milliers » de djihadistes qui auraient pu « revenir formés, armés et bien préparés ». Il a fait l’éloge du rôle de la Russie, intervenue en soutien au régime de Bachar Al-Assad, dans la défaite des djihadistes : l’armée russe, a-t-il affirmé, a fourni « une contribution cruciale dans la défaite des forces criminelles qui avaient défié toute la civilisation, en détruisant l’armée terroriste d’une dictature barbare ».

 

Les déclarations triomphalistes de l’armée russe ces derniers temps ont été accueillies avec un certain agacement au sein de la coalition internationale menée par les États-Unis, qui reproche à Moscou d’avoir combattu les rebelles plus que les djihadistes.

 

Suspect

 

La Russie, qui vient d’entrer en campagne électorale pour la présidentielle du 18 mars et accueille du 14 juin au 15 juillet le Mondial de football sous haute sécurité, a été la cible de plusieurs attentats cette année dont celui de Saint-Pétersbourg constitue le dernier en date.

 

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, le Comité national antiterroriste (NAK) a précisé que la bombe artisanale, d’une puissance équivalent à 200 grammes de TNT, avait explosé dans un casier de la consigne du supermarché situé dans un ancien cinéma soviétique. Il a diffusé des images de l’entrée du magasin avec le plafond en partie effondré près des caisses, entourées de débris.

 

Les enquêteurs « cherchent les personnes liées à ce crime », a-t-il souligné.

 

Le site d’informations local Fontanka.ru a diffusé jeudi des images de vidéosurveillance montrant un homme en veste à capuche avec un sac à dos visiblement lourd, qui quitte ensuite les lieux sans sac.

 

Le 3 avril, Saint-Pétersbourg a été la cible d’un attentat dans son métro qui a fait 15 morts et des dizaines de blessés et qui a été revendiqué par un groupe peu connu lié à al-Qaïda.

 

L’auteur présumé de cette attaque, Akbarjon Djalilov, un homme de 22 ans originaire du Kirghizstan, une ex-république soviétique d’Asie centrale, a également été tué dans l’attentat.

 

Mi-décembre, les services de sécurité russes avaient annoncé avoir démantelé, à l’aide de renseignements transmis par la CIA, une cellule du groupe EI préparant des attentats le 16 décembre à Saint-Pétersbourg, notamment dans la très touristique cathédrale Notre-Dame-de-Kazan.

Avec Marina Koreneva à Saint-Pétersbourg

3 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 28 décembre 2017 09 h 13

    En période d'élection, tout est possible

    De nombreux dirigeants plus ou moins démocrates utilisent la peur pour affermir leur pouvoir.

    Les attentats organisés par les services secrets ne sont pas une rareté que je sache, et surtout en période électorale, même si l'issue du vote ne fait aucun doute. Mais peut-être justement s'agit-il de justifier une élection... soviétique, comme on disait autrefois.

    Personne ne revendique l'attentat pour l'instant.

    Disons que je vais me garder comme un très fort doute.

  • Denis Paquette - Abonné 28 décembre 2017 23 h 07

    des barbares

    quels moeurs d'une autre époque et ca se dit civilisé,comme si il était normale de liquider des gens sans autres formes de proces, des gens qui sont toujours en plein moyen-âge, et il veulent dominer le monde, n'est-ce pas de la barbarie d'une autre époque

  • Denis Paquette - Abonné 28 décembre 2017 23 h 33

    l'épée et la terreur, qu'elle approche efficace

    je serais curieux de connaitre tous les antécédents de l'officier Poutine , il est tellement plus facile de diriger avec l'épée, et la terreur