Une explosion dans un supermarché à Saint-Pétersbourg fait plusieurs blessés

L’explosion aurait été causée par «un engin explosif artisanal équivalant à 200 grammes de TNT».
Photo: Olga Maltseva Agence France-Presse L’explosion aurait été causée par «un engin explosif artisanal équivalant à 200 grammes de TNT».

Dix personnes ont été blessées mercredi dans l’explosion d’une bombe artisanale dans un supermarché de Saint-Pétersbourg, cible d’un attentat meurtrier en avril, et les autorités russes ont ouvert une enquête pour « tentative d’homicide ». Les enquêteurs ont assuré n’écarter aucune piste, sans toutefois ouvrir formellement de procédure pour attaque terroriste.

Cette explosion survient à quatre jours du réveillon du Nouvel An, qui marque le début de la période des fêtes pour les Russes avant le Noël orthodoxe le 7 janvier, sur fond d’inquiétude croissante concernant le retour des djihadistes ayant combattu en Syrie et Irak.

Elle a eu lieu vers 18 h 30 (15 h 30 GMT) dans un supermarché de la chaîne Perekriostok, au rez-de-chez d’un ancien cinéma soviétique sur l’avenue Kondratiev, dans le nord-est de la deuxième ville de Russie.

Aucune vie menacée

« Dix personnes ont été hospitalisées, leur vie n’est pas menacée », a précisé un responsable du Comité d’enquête locale, Alexandre Klaus, cité par les agences TASS et Interfax.

Dans un communiqué, le Comité d’enquête, organe chargé des principales affaires, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « tentative d’homicide ». Peu après, il a ajouté que l’explosion avait été causée par « un engin explosif artisanal équivalant à 200 grammes de TNT ». « L’enquête examine toutes les hypothèses possibles », a-t-il souligné.

Selon une journaliste de l’AFP sur place, la police, les pompiers, une ambulance et un véhicule des services de sécurité du FSB (ex-KGB) étaient déployés sur les lieux. Le magasin ne présentait aucun dégât.

« Quelle horreur ! Juste au moment où les gens font leurs courses avant les fêtes », a déploré sur place Galina Goustova, 58 ans.

« Je viens souvent acheter des produits ici, je voulais passer et tout le secteur est bouclé », a raconté à l’AFP Victoria Smirnova, 20 ans. « J’ai aussitôt appelé ma mère au cas où elle ait décidé d’aller à ce magasin mais heureusement elle est chez elle. »

Sur les 10 personnes hospitalisées, six étaient considérées en état « moyen » et quatre dans un état « satisfaisant », a précisé sur Twitter la vice-gouverneure de la ville, Anna Mitianina.

Malgré l’identification d’une bombe artisanale, « la qualification de l’enquête ne change pas pour l’instant : tentative d’homicide de deux personnes ou plus », a assuré la porte-parole du comité, Svetlana Petrenko, citée par l’agence Interfax.

Une ville ciblée

Saint-Pétersbourg a été visé par un attentat qui a fait 16 morts et des dizaines de blessés le 3 avril dans son métro et qui a été revendiqué par un groupe peu connu lié à al-Qaïda.

L’auteur présumé de cette attaque, Akbarjon Djalilov, un homme de 22 ans originaire du Kirghizstan, une ex-république soviétique d’Asie centrale, a également été tué dans l’attentat.

Mi-décembre, les services de sécurité russes avaient annoncé avoir démantelé une cellule du groupe État islamique s’apprêtant à commettre des attentats le 16 décembre à Saint-Pétersbourg, notamment dans la très touristique cathédrale Notre-Dame-de-Kazan.

Le président Vladimir Poutine avait alors appelé son homologue américain Donald Trump pour le « remercier » de renseignements transmis par la CIA ayant permis d’arrêter ces terroristes présumés.

La Russie a été menacée à plusieurs reprises par le groupe EI et par la branche syrienne d’al-Qaïda après le début de son intervention militaire en Syrie, le 30 septembre 2015.