Jérusalem: Erdogan s’en prend à Trump et à sa «mentalité sioniste»

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, le président turc, Recep Tayyip Erdogan,  et le secrétaire général de l'Organisation de la coopération Islamique, Yousef Al-Othaimeen
Photo: Yasin Bulbul Agence France-Presse Le président palestinien, Mahmoud Abbas, le président turc, Recep Tayyip Erdogan,  et le secrétaire général de l'Organisation de la coopération Islamique, Yousef Al-Othaimeen

Des leaders musulmans ont appelé mercredi le monde à reconnaître Jérusalem-Est comme capitale d’un État palestinien en réponse à la décision américaine de considérer la ville sainte comme capitale d’Israël, à l’issue d’un sommet à Istanbul lors duquel ils ont usé d’un langage ferme sans pour autant annoncer de mesures concrètes.

« Nous proclamons Jérusalem-Est capitale de l’État de Palestine et appelons les autres pays à reconnaître l’État de Palestine et Jérusalem-Est comme sa capitale occupée », ont déclaré les leaders dans un communiqué publié à l’issue d’un sommet extraordinaire de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) à Istanbul.

La plupart des pays arabo-musulmans reconnaissent déjà Jérusalem-Est comme la capitale de l’État que les Palestiniens appellent de leurs voeux.

« Nous rejetons et condamnons fermement la décision irresponsable, illégale et unilatérale du président des États-Unis reconnaissant Jérusalem comme la prétendue capitale d’Israël. Nous considérons cette décision comme nulle et non avenue », ont-ils ajouté.

Ils ont en outre estimé que la décision du président américain, Donald Trump, annoncée le 6 décembre, nourrissait « l’extrémisme et le terrorisme ».

C’est « un sabotage délibéré de tous les efforts visant à parvenir à la paix qui nourrit l’extrémisme et le terrorisme et menace la paix et la sécurité mondiales ».

Le gouvernement américain « encourage ainsi Israël, la force occupante, à poursuivre la colonisation, l’apartheid et le nettoyage ethnique dans les territoires palestiniens occupés en 1967 », poursuit le communiqué.

Président en exercice de l’OCI, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé M. Trump d’avoir une « mentalité sioniste » lors de son discours de clôture du sommet.

Le destin de Jérusalem ne peut pas être laissé aux mains d’un pays qui s’abreuve de sang, élargit ses frontières en tuant sauvagement des enfants, des civils et des femmes

« Le destin de Jérusalem ne peut pas être laissé aux mains d’un pays qui s’abreuve de sang, qui élargit ses frontières en tuant sauvagement des enfants, des civils et des femmes », a-t-il ajouté.

Accusant M. Trump d’avoir « offert Jérusalem comme cadeau » au « mouvement sioniste », le leader palestinien Mahmoud Abbas avait pour sa part averti dans un discours d’une rare véhémence à l’encontre d’Israël et du gouvernement américain qu’il n’y aurait « ni paix ni stabilité » sans que la partie arabe occupée de la ville sainte soit reconnue comme capitale palestinienne.

Le monde musulman est profondément divisé et plusieurs pays, comme l’Arabie saoudite, tentent de cultiver de bons rapports avec le gouvernement Trump sur fond d’hostilité commune envers l’Iran.

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