Agir pour mondialiser l’égalité

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Kathryn Dingle (à droite) et Mariétou Diallo, d’Inter Pares.
Photo: Inter Pares Kathryn Dingle (à droite) et Mariétou Diallo, d’Inter Pares.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’organisme Inter Pares oeuvre depuis plus de 40 ans en coopération internationale. Par ses actions, il cherche à promouvoir la justice économique, l’égalité des femmes, la paix et la démocratie, la souveraineté alimentaire, la santé et la migration. Regard sur un organisme qui valorise la solidarité plutôt que la charité.

Hiver 2017. Deux employés d’Inter Pares se rendent en Inde pour participer à un échange entre leaders d’organisations paysannes et de femmes rurales du Canada, la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN), située en Afrique de l’Ouest, et la Société de développement du Deccan (DDS), basée en Inde. Depuis cinq ans que ces échanges ont lieu, ils ont permis d’améliorer les pratiques agricoles de chacun des partenaires. L’agricultrice québécoise Maude-Hélène Desroches a ainsi montré comment elle réussissait à produire une quantité impressionnante de légumes sur un lopin de terre de moins d’un hectare. Sa participation au réseau d’Agriculture soutenue pour la communauté (ASC), où la vente de sa production se fait sans intermédiaire, lui assure un bon revenu.

Depuis, les membres du DDS dans la région de Telangana, en Inde, ont adopté la formule de l’ASC. Aujourd’hui, 250 familles de la région profitent de paniers de légumes frais. Lors de ces échanges, il y a eu aussi un transfert d’expertise sur la préservation de semences, développé par les membres de la COPAGEN. Les agricultrices indiennes ont aussi montré aux membres de la COPAGEN comment elles cultivent la terre.

C’est ce genre d’initiatives qu’encourage Inter Pares. « Nos employés ne jouent pas un rôle d’experts, dit Kathryn Dingle, directrice générale de l’organisme. Ils sont plutôt des intermédiaires qui encouragent les échanges d’expertises. »

Ce souci d’échange équitable se reflète même dans la structure de l’organisation. Sur son site Internet, on peut lire que les 15 employés d’Inter Pares ont des responsabilités égales, une égale participation à la prise de décision et un salaire de base égal.

La justice économique

Parmi les dossiers qui tiennent à coeur à Inter Pares, il y a la justice économique, plus spécialement dans le domaine minier où les entreprises canadiennes sont très présentes à l’international. Sur le site Internet très documenté d’Inter Pares, on peut lire des cas où les minières canadiennes auraient abusé de leur pouvoir, notamment au Mexique, au Ghana et au Guatemala. Des cas d’appropriation de l’eau, des terres et de graves lacunes au chapitre de la santé et sécurité au travail y sont rapportés. L’organisme se porte à la défense des populations locales en dénonçant ces pratiques. « Nous faisons campagne pour qu’il y ait un ombudsman au sein du gouvernement canadien qui pourrait enquêter sur les abus des minières et formuler des recommandations aux gouvernements et aux entreprises concernées », assure Mme Dingle.