Le Hamas accuse le gouvernement palestinien de bloquer l’accord de réconciliation

Le leader du Hamas, Khalil al-Hayya, lors d'une conférence de presse au Caire, en Égypte, le 22 novembre dernier
Photo: Mohamed El-Shahed Agence France-Presse Le leader du Hamas, Khalil al-Hayya, lors d'une conférence de presse au Caire, en Égypte, le 22 novembre dernier

Gaza — Le mouvement islamiste Hamas a accusé samedi le gouvernement de l’Autorité palestinienne de bloquer l’accord de réconciliation et l’a appelé à lever toutes les sanctions financières imposées à l’enclave palestinienne.

« Nous demandons au gouvernement de Rami Hamdallah d’assumer entièrement ses responsabilités en levant les sanctions injustes imposées à notre peuple à Gaza », a dit le mouvement palestinien qui contrôle la bande de Gaza.

Le communiqué du Hamas évoque aussi la réduction par l’Autorité palestinienne des paiements à Israël destinés à la fourniture d’électricité consommée par les Gazaouis ainsi que le sort des milliers d’employés du Hamas à Gaza après le transfert des pouvoirs.

« Le gouvernement Hamdallah a commencé à assumer ses responsabilités à Gaza mais n’a fait aucun effort pour lever les sanctions ou alléger les souffrances des Gazaouis », a ajouté le communiqué.

Le gouvernement n’a pas tardé à réagir, dénonçant dans une déclaration des « propos irresponsables » de la part du Hamas, qui, selon lui, « n’a pas de crédibilité et cherche à torpiller les efforts visant à surmonter les divisions dans les rangs palestiniens », selon l’agence de presse palestinienne, Wafa.

Le Fatah, parti du président palestinien Mahmoud Abbas, le Hamas et d’autres groupes palestiniens ont signé le 12 octobre un accord de « réconciliation » sous les auspices de l’Égypte.

Le document est supposé mettre fin à une décennie de dissensions palestiniennes, humainement désastreuses pour les Gazaouis et politiquement délétères pour la défense de la cause palestinienne.

Il prévoit le retour de l’Autorité palestinienne à Gaza où elle a été évincée par la force en 2007 et la prise en charge du pouvoir par un gouvernement d’union.

Nouvelle ronde de négociations prévue

Le retour annoncé de l’Autorité à Gaza a fait naître l’espoir de jours meilleurs chez des Gazaouis éprouvés par les guerres, la pauvreté et l’enfermement causé par les blocus israélien et égyptien.

Prévu initialement le 1er décembre, le transfert de pouvoirs à l’Autorité palestinienne par le Hamas a été reporté au 10 décembre. Un nouveau round de négociations entre le Fatah et le Hamas est prévu à partir de samedi soir au Caire, selon de sources proches des deux groupes.

L’accord a été mis à mal mercredi quand des dizaines de fonctionnaires de l’Autorité se sont présentés dans les ministères des Finances ou de l’Éducation de Gaza, mais ils ont été bloqués par les délégués du syndicat de la fonction publique dépendant du Hamas.

La question des fonctionnaires n’est que l’un des écueils sur la voie de la réconciliation. L’Autorité exige un contrôle total de la sécurité dans le territoire. Le Hamas, dont le bras militaire est réputé fort de 25 000 hommes et de milliers de roquettes, refuse de rendre les armes.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas n’a par ailleurs toujours pas levé les sanctions financières imposées en 2017 pour forcer la main du Hamas.

Depuis 2007, ce mouvement islamiste, considéré comme « terroriste » par Israël, les États-Unis et l’Union européenne, gouverne sans partage l’enclave coincée entre Israël, Égypte et la Méditerranée.