L’ouragan «Irma» poursuit son oeuvre de destruction

Le bilan risque de s’alourdir à Saint-Martin (ci-dessus) et Saint-Barthélemy, puisque les secouristes n’ont pas encore pu se rendre partout.
Photo: Lionel Chamoiseau Agence France-Presse Le bilan risque de s’alourdir à Saint-Martin (ci-dessus) et Saint-Barthélemy, puisque les secouristes n’ont pas encore pu se rendre partout.

Le bilan du passage de l’ouragan Irma s’élevait à au moins dix morts, jeudi, alors que le plus puissant ouragan jamais vu dans l’océan Atlantique poursuivait sa trajectoire de destruction dans les Caraïbes.


L’ouragan devait atteindre la République dominicaine et Haïti dans la journée, puis se diriger vers les Bahamas avant de s’approcher de Cuba vendredi. Le Centre national des ouragans des États-Unis a prévenu qu’Irma demeurera un ouragan de catégorie 4 ou 5 pendant cette période.

Les autorités peinent à venir en aide aux îles dévastées par l’ouragan et ses vents de près de 300 km/h. Les communications sont très difficiles dans la région et les détails émergent au compte-gouttes.

Selon les Nations unies, quelque 37 millions de personnes pourraient être touchées par Irma.

 
Le Centre national des ouragans a par ailleurs annoncé que deux autres ouragans s’étaient formés dans l’océan Atlantique. Jose ne représente pas un risque pour la terre ferme en ce moment, mais sa trajectoire pourrait changer. Jose provoque des vents allant jusqu’à 140 km/h et prend de la puissance rapidement.

Une autre tempête tropicale, Katia, s’est rapidement transformée en ouragan dans le golfe du Mexique, près des côtes. Katia entraînait des vents de 130 km/h et devrait se rapprocher de l’État mexicain de Veracruz, jeudi et vendredi.
 

Le bureau du président Emmanuel Macron a annoncé qu’il se rendra sur place dès que la météo le permettra.

   

 
Antigua-et-Barbuda

Pratiquement tous les édifices de Barbuda ont été endommagés lorsque l’oeil de la tempête est passé presque directement au-dessus de l’île, tôt mercredi. Environ 60 % de ses 1400 habitants ont perdu leur toit, a dit le premier ministre Gaston Browne.

Il a prévenu que l’île mettrait des mois, voire des années à se relever. Il a par ailleurs annoncé qu’un bambin de deux ans avait été tué alors que sa famille tentait de fuir un bâtiment ravagé. L’ouragan Jose menace de secouer cette île à nouveau d’ici le week-end.

 

Voyez les dégâts de l'ouragan Irma sur l’île de Barbuda.

 

 

Saint-Barthélemy
Irma a arraché des toits et coupé l’électricité sur l’île française de Saint-Barthélemy. Le ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb, a annoncé l’envoi de 100 000 rations d’urgence vers Saint-Barthélemy et Saint-Martin — une île à la fois française et néerlandaise —, ce qui devrait suffire à les approvisionner pendant quatre jours.


Saint-Martin
Au moins cinq personnes ont été tuées à Saint-Martin : quatre du côté appartenant à la France et une autre du côté néerlandais. On dénombre une cinquantaine de blessés, a fait savoir le premier ministre français, Édouard Philippe. La France y a envoyé en urgence des provisions d’eau et de nourriture. Le ministre de l’Intérieur a indiqué que la plupart des écoles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ont été détruites et qu’« on devra reconstruire les deux îles ».

Le bilan reste incomplet, a précisé son homologue néerlandais Ronald Plasterk. Des problèmes d’ordre public, notamment des pillages, ont été signalés dans le territoire, a-t-il ajouté. Les Pays-Bas y déploieront donc une cinquantaine de policiers en provenance de Curaçao.

Anguilla

 

On déplore aussi un mort sur l’île d’Anguilla, dont l’aéroport, les hôpitaux, les abris et les écoles ont subi des dégâts « graves et parfois critiques ». Environ 90 % des routes de ce territoire britannique seraient devenues impraticables.

Îles Vierges britanniques
Des maisons et des édifices commerciaux ont aussi été lourdement endommagés sur les îles Vierges britanniques. L’entrepreneur milliardaire Richard Branson, qui y a bravé la tempête sur sa petite île privée, rapporte que certaines maisons semblent s’être volatilisées et que la région est « complètement et totalement dévastée ».

Îles Vierges américaines
Les autorités des îles Vierges américaines dénombrent trois morts. Le principal hôpital de l’archipel a été ravagé et des stations de police et casernes de pompiers s’y sont effondrées. Le gouverneur du territoire, Kenneth Mapp, a indiqué que les patients de l’hôpital de Saint-Thomas seront notamment évacués vers Porto Rico. Un couvre-feu est en vigueur pour l’ensemble de la population des îles et leurs quelque 5000 touristes.

Porto Rico
L’ouragan Irma a provoqué une panne de courant sur plus de la moitié du territoire américain de Porto Rico, matraquant l’île avec des vents violents et des pluies diluviennes en passant au large de ses côtes. Environ un million de personnes étaient touchées par des pannes dans l’île, et quelque 50 000 autres étaient privées d’eau courante. Quatorze hôpitaux ont eu recours à leurs génératrices d’urgence. Certains secteurs de l’île pourraient être privés d’électricité pour les six prochains mois.

République dominicaine
Plusieurs milliers de résidants et de touristes ont évacué les zones côtières de la République dominicaine. Les autorités ont fait état d’inondations après que l’ouragan eut déferlé au large du pays, au nord.

Haïti
Haïti, qui partage l’île d’Hispaniola avec la République dominicaine, ne se trouve pas directement sur la trajectoire anticipée d’Irma. Les pluies diluviennes et les fortes marées pourraient toutefois y déclencher de dangereuses inondations. Ce pays appauvri n’a pas les ressources pour faire appliquer les ordres d’évacuation visant les zones côtières du nord, notamment pour Port-de-Paix et l’île de la Tortue. On ignore combien de personnes sont restées dans des zones censées être évacuées.

Îles Turques-et-Caïques
Les résidants établis le long des côtes de ce territoire britannique ont été invités à se réfugier en hauteur, alors que les ondes de tempêtes et les vagues pourraient faire monter le niveau des eaux jusqu’à 20 pieds (plus de 6 mètres) au-delà de la marée normale.

Bahamas
Les autorités ont procédé à l’évacuation de six îles du sud des Bahamas à l’approche d’Irma. Les insulaires ont été déplacés vers la capitale, Nassau, dans ce que le premier ministre Hubert Minnis a décrit comme la plus importante évacuation de l’histoire des Bahamas dans le cadre d’une tempête.

Il a prévenu que les autorités ne pourront pas venir en aide à ceux qui seront frappés dans la nuit de jeudi à vendredi par des vents, des inondations et des ondes de tempête « potentiellement catastrophiques ».
 

Seuls quatre autres ouragans (Allen en 1980, Gilbert en 1988, Wilma en 2005 et une tempête qui a frappé les Keys de la Floride en 1935) ont généré des vents aussi puissants que ceux d’Irma. Ces tempêtes ont toutefois frappé dans la mer des Caraïbes et dans le golfe du Mexique, où l’eau est habituellement plus chaude que dans l’Atlantique.

Le rapatriement des voyageurs canadiens se poursuit

Air Transat a envoyé dix vols vers Cuba — quatre à Varadero, trois à Santa Clara, deux à Cayo Coco et un à Holguin — pour rapatrier environ 1800 personnes. Mardi soir, l’entreprise avait commencé à rapatrier ses passagers qui se trouvaient en République dominicaine.

De son côté, Air Canada a affirmé mercredi soir qu’il déploierait 24 vols supplémentaires pour ramener ses clients qui sont en République dominicaine, en Floride, à Cuba et dans d’autres pays sur le chemin de l’ouragan.

2 commentaires
  • André Bourbonnais - Abonné 7 septembre 2017 13 h 36

    La logique de M. Trump...

    Ce matin, M. TRUMP disait qu'il souhaitait qu'Irma passe ailleurs, que ces ouragans coûtaient des milliards aux USA...et que ça continue... Sa logique est la suivante
    :-on ne croit pas au réchauffement climatique,donc on n'ouvre les mines de charbon,
    on pollue plus, on réchauffe les eaux des océans et les ouragans augmentent en force et ça coûte plus cher...Un beau cercle vicieux et je m'abstiens d'écrire comment je le nomme!!

    • Emmanuel Rousseau - Inscrit 7 septembre 2017 17 h 08

      Il faut se poser la question: qui sera en charge de la reconstruction?

      Le cercle est encore plus vicieux quand on prend en compte ce paramètre.