Le kamikaze avait déposé une seconde bombe

Une femme dépose des fleurs dans un mémorial symbolique à la station de métro Tekhnologichesky Institute à Saint-Pétersbourg, en Russie.
Photo: Dmitri Lovetsky Associated Press Une femme dépose des fleurs dans un mémorial symbolique à la station de métro Tekhnologichesky Institute à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Les enquêteurs russes ont identifié mardi l’auteur de l’attentat suicide qui a frappé la veille le métro de Saint-Pétersbourg, un homme de 22 ans originaire du Kirghizistan qui avait également déposé une seconde bombe, désamorcée à temps.

Quatorze personnes ont péri dans l’explosion et quarante-neuf ont été blessées dans l’ancienne capitale impériale, qui est en deuil pour trois jours, selon un dernier bilan de la ministre de la Santé, Veronika Skvortsova.

Les enquêteurs « ont établi que la bombe artisanale a pu être actionnée par un homme dont des restes ont été retrouvés dans le troisième wagon de la rame », a annoncé le Comité d’enquête dans un communiqué, sans préciser si le kamikaze faisait partie des morts décomptés.

Photo: Agence France-Presse Akbarjon Djalilov

Il s’agit d’Akbarjon Djalilov, né en 1995, a poursuivi le comité, affirmant que cet homme était aussi celui qui avait déposé une seconde bombe dans une autre station du centre-ville, Plochtchad Vosstaniïa.

Cette bombe avait été désamorcée à temps lundi par les services spécialisés.

Le Comité d’enquête a confirmé ainsi les informations de l’AFP auprès des services secrets (GKNB) du Kirghizistan, ex-république soviétique d’Asie centrale, qui avait précisé que l’homme était originaire de la région d’Och, dans le sud du pays.

Quelque 600 Kirghiz, venant notamment de cette région, ont rejoint les groupes djihadistes en Irak et en Syrie, principalement l’organisation État islamique (EI).

L’homme, qui a quitté le Kirghizistan en 2011, a probablement « acquis la nationalité russe », a déclaré à l’AFP le porte-parole du GKNB, Rakhat Saoulaïmanov.

L’attentat, qui n’a pas été revendiqué, intervient alors que le groupe EI a appelé à frapper la Russie en réponse à son intervention en soutien aux forces de Bachar al-Assad en Syrie, fin septembre 2015. Il s’agit d’un « défi lancé à tous les Russes […], y compris à notre président », Vladimir Poutine, a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Choc et recueillement

Mardi, après une nuit de choc et de recueillement, le quartier de l’attentat avait retrouvé un semblant de vie.

« Bien sûr, tout le monde dans le métro ne pense qu’à ça », assure Svetlana Goloubeva, 45 ans, avant d’entrer dans le métro, où la présence policière a été considérablement renforcée, tout comme dans celui de Moscou et dans les aéroports.

Selon le FSB (services secrets russes), l’explosion a eu lieu en début d’après-midi et s’est produite dans une rame circulant entre deux stations d’une ligne fréquentée du centre-ville.

Les victimes sont russes, mais aussi originaires du Bélarus, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, selon les autorités locales.

Le pays n’avait pas été aussi durement touché depuis l’explosion en plein vol le 31 octobre 2015 d’un avion reliant l’Égypte à la Russie avec 224 personnes à bord, un attentat revendiqué par le groupe EI.

Depuis, des attaques ont frappé les instables républiques russes du Caucase et les services de sécurité russes ont annoncé à plusieurs reprises avoir démantelé des cellules djihadistes s’apprêtant à frapper Moscou et Saint-Pétersbourg.