Des conservateurs contre la réforme de la santé

«C’est Obamacare
Photo: Mark Wilson / Getty Images / Agence France-Presse «C’est Obamacare "light", a dénoncé le sénateur Rand Paul (photo). Ce ne sera pas adopté, les conservateurs ne l’accepteront jamais.»

Washington — Le président américain, Donald Trump, faisait face mardi à une fronde de l’aile conservatrice de la majorité républicaine, qui menace de torpiller le projet à peine dévoilé d’abrogation et de remplacement de la réforme du système de santé de Barack Obama.

Un certain nombre d’élus de l’aile droite estiment que le projet républicain, qui maintiendrait de substantielles aides publiques pour aider les Américains à payer leur couverture santé, abandonne les principes conservateurs de désengagement de l’État et de libéralisation du marché des assurances privées.

Si les rebelles de cette faction, issus du Tea Party, étaient suffisamment nombreux et déterminés, ils pourraient faire échouer la réforme, l’une des promesses phares de la campagne de Donald Trump et de la majorité, dont c’est le premier grand chantier législatif de l’année.

Des organisations conservatrices redoutées de l’establishment républicain ont officiellement appelé mardi à voter contre la proposition de loi rendue publique lundi par les chefs républicains de la Chambre des représentants. Il s’agit du Club for Growth, d’Americans for Prosperity ou encore du groupe politique des frères industriels milliardaires Koch, Freedom Partners.

Au Capitole, un vent de frayeur a saisi les chefs de parti, qui ne peuvent pas se permettre beaucoup de défections, la minorité démocrate ayant d’ores et déjà annoncé son opposition totale.

« C’est Obamacare light, a dénoncé le sénateur Rand Paul. Ce ne sera pas adopté, les conservateurs ne l’accepteront jamais. » Ted Cruz, sénateur ultraconservateur du Texas, a promis « une discussion vigoureuse », sans toutefois s’opposer d’emblée.

Donald Trump soutient le plan de la majorité, qui a annoncé un calendrier resserré, un premier vote étant prévu mercredi en commission. L’objectif est d’adopter le tout rapidement, avant le début des congés de Pâques, le 8 avril.

Les démocrates, de leur côté, ont déjà affublé le plan républicain du nom de « Trumpcare ». Leur angle d’attaque choisi est la baisse prévue des aides aux familles, notamment aux plus âgés, et les baisses d’impôt dont bénéficieraient les foyers les plus aisés.

Le gouvernement se garde pour l’instant de promettre que la réforme baissera effectivement les coûts de la santé ou garantira que personne ne perdra son assurance actuelle, alors que, sous Barack Obama, le nombre de personnes sans couverture est tombé de 16 à 9 % de la population.