Le Conseil de sécurité veut «maintenir l’élan» des négociations

Les ambassadeurs des quinze pays du Conseil ont été mis au courant de l’état des négociations par l’envoyé spécial de l’ONU Espen Barth Eide.
Photo: Philippe Desmazes Agence France-Presse Les ambassadeurs des quinze pays du Conseil ont été mis au courant de l’état des négociations par l’envoyé spécial de l’ONU Espen Barth Eide.

New York — Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé lundi aux Chypriotes grecs et turcs de « maintenir l’élan » dans leurs négociations pour parvenir à un « accord historique » sur la réunification de l’île.

A l’issue de consultations à huis clos, le président du Conseil pour janvier, l’ambassadeur suédois Olof Skogg, a « salué les progrès accomplis ces derniers mois ».

« Nous exhortons toutes les parties à maintenir l’élan et à saisir l’occasion qu’elles ont désormais de parvenir à un accord historique », a-t-il ajouté.

L’île de Chypre, qui compte un million d’habitants, est divisée depuis que l’armée turque a envahi en 1974 sa partie nord en réaction à un coup d’État visant à rattacher le pays à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone de l’île.

Les ambassadeurs des 15 pays du Conseil ont été mis au courant de l’état des négociations par l’envoyé spécial de l’ONU Espen Barth Eide.

Celui-ci a reconnu devant les journalistes « qu’il restait des questions clés difficiles à résoudre ». En particulier, « les questions relatives aux garanties de sécurité sont loin d’être réglées ».

« L’une des communautés considère la présence des troupes turques comme faisant partie d’une solution alors que l’autre la voit comme faisant partie du problème », a-t-il résumé.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé qu’un retrait total des troupes turques était « hors de question », alors qu’Athènes exige le départ de cette « armée d’occupation ».

M. Eide a laissé entendre que les négociateurs tentaient une nouvelle approche plus globale, tout en refusant d’en préciser les détails.

« La sécurité à Chypre, a-t-il souligné, doit être comprise à différents nivéaux », qui vont du « niveau constitutionnel » à la « sécurité extérieure », en passant par la « sécurité intérieure » et les mécanismes assurant le respect d’un éventuel accord.

« Nous cherchons d’éventuelles réponses nouvelles » dans ce domaine, a-t-il indiqué. « Il y a une volonté de trouver une solution ».

M. Eide a émis l’espoir de pouvoir convoquer « dans les prochaines semaines » une nouvelle conférence multilatérale sur l’avenir de l’île méditerranéenne, divisée depuis plus de 42 ans.

L’émissaire de l’ONU avait indiqué jeudi dernier que des discussions techniques organisées en Suisse sur la sécurité d’une future Fédération de Chypre s’étaient terminées sur un « succès » mais avait refusé d’en dire plus.

La République de Chypre (dont l’autorité ne s’exerce que sur la partie sud de l’île) est membre de l’Union européenne depuis 2004.

Les Chypriotes turcs habitent eux dans la République turque de Chypre du Nord (RTCN), qui n’est reconnue que par Ankara.

Chypre : le Conseil de sécurité veut « maintenir l’élan » des négociations