Des blindés américains entrent en Pologne

Le convoi fait partie du premier transport de soldats américains et de matériel militaire lourd, arrivé en Europe orientale dans le cadre de l’opération «Atlantic Resolve».
Photo: Ralf Hirschberger / DPA / Agence France-Presse Le convoi fait partie du premier transport de soldats américains et de matériel militaire lourd, arrivé en Europe orientale dans le cadre de l’opération «Atlantic Resolve».

Des blindés américains sont entrés jeudi en Pologne, début d’un des plus vastes déploiements militaires des États-Unis en Europe depuis la fin de la guerre froide, accueilli avec satisfaction par les Polonais et avec colère par Moscou.

Le convoi, composé de 24 véhicules blindés Humvee et d’une dizaine de camions, a été accueilli chaleureusement dans la matinée à la frontière germano-polonaise par les soldats polonais.

Le quartier général de la brigade est établi à Zagan dans l’ouest de la Pologne où une cérémonie officielle de bienvenue y aura lieu samedi. La brigade comptera à terme plus de 3000 soldats, ainsi que 87 chars Abrams et plus de 550 véhicules blindés de transport de troupes.

Premier convoi

Le convoi fait partie du premier transport de soldats américains et de matériel militaire lourd, arrivé en Europe orientale dans le cadre de l’opération « Atlantic Resolve », décidée par le président sortant Barack Obama, après la prise de la Crimée par la Russie.

La présence par rotation de cette unité en Pologne, mais aussi en Lituanie, en Lettonie, en Estonie, en Hongrie, en Roumanie et en Bulgarie, est destinée surtout à renforcer la sécurité de ces pays, inquiets du comportement de la Russie. S’y ajouteront bientôt quatre bataillons multinationaux de l’OTAN en Pologne et dans les pays baltes.

Cette présence est « sans précédent pour la Pologne depuis la fin de la guerre froide », a déclaré à l’AFP le directeur du fonds German Marshall Fund à Varsovie, Michal Baranowski. Selon lui, « cela modifie la donne sur le flanc oriental de l’OTAN », car la Russie « ne pourra plus compter sur une victoire rapide et bon marché dans les pays baltes » sans déclencher une riposte américaine.

« Nous considérons cela comme une menace », a réagi immédiatement le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov. « Il s’agit d’une opération qui menace nos intérêts, notre sécurité », a-t-il dit.

Alexeï Mechkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a estimé de son côté que ce déploiement « hâtif » mené par l’administration Obama paraissait être « un facteur de déstabilisation pour la sécurité européenne ».

Apaisement de la population

À une semaine de l’entrée en fonction du président américain Donald Trump, supposé être favorable à la détente avec le Kremlin, le déploiement de la brigade semble également calmer les inquiétudes de la Pologne et d’autres pays de la région sur la politique américaine dans cette partie de l’Europe. Il peut aussi les rassurer sur l’application des mesures de renforcement de la présence de l’OTAN adoptées lors d’un sommet de l’Alliance en juillet à Varsovie.

Le futur président américain avait notamment laissé entendre qu’il pourrait faire dépendre l’application de l’article 5 du traité de l’OTAN — qui fait considérer une agression contre un membre comme une attaque contre tous — de la contribution du pays concerné au budget de l’Alliance.

 

« Le déploiement américain signifie le renforcement du flanc oriental de l’Alliance. C’est la preuve de la détermination des Américains, ainsi qu’un bon exemple pour les autres alliés de l’OTAN pour qu’ils ne tardent pas à déployer, au printemps 2017, leurs bataillons en Pologne et dans les pays baltes comme l’a décidé le sommet de l’OTAN », a déclaré à l’AFP le général Stanislaw Koziej, ancien chef du bureau de la sécurité nationale (BBN) auprès de la présidence polonaise.

« Cela calme un peu les inquiétudes concernant la direction que prendront les États-Unis après l’arrivée du nouveau président. S’il le voulait vraiment, le président désigné pourrait se prononcer sur ce déploiement, comme il ne l’a pas fait, cela réduit les appréhensions », a-t-il ajouté.

3 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 13 janvier 2017 03 h 32

    … silence radio ?!?

    « Des blindés américains sont entrés jeudi en Pologne, début d’un des plus vastes déploiements militaires des États-Unis en Europe depuis la fin de la guerre froide » (AFP) ; « Cela calme un peu les inquiétudes concernant la direction que prendront les États-Unis après l’arrivée du nouveau président. » (Général Stanislaw Koziej, ancien chef du bureau de la sécurité nationale (BBN) auprès de la présidence polonaise)

    De ces citations, cette douceur :

    De ce déploiement, décidé en fin de mandat par Obama, prix Nobel de la Paix ?, étonne non seulement le monde de la démocratie (A, voir notre réaction d’hier) mais, aussi, semble être un camouflet destiné à la présidence désignée ; une gifle susceptible de calmer l’éventuelle politique extérieure, présumée russophile, des USA sous Trump, s’il parvient au Pouvoir !

    Du même souffle, si, de ce débarquement américain, une guerre mondiale devait s’en résulter, tout le monde sait que, selon la constitution américaine, Obama risque de conserver sa présidence et, par conséquent, entraîner un sérieux « impeachment » d’accession au pouvoir législatif du président désigné !

    Finalement, et de ce déploiement, qu’adviendra-t-il du monde de la démocratie ?

    Inquiétudes ou …

    … silence radio ?!? - 13 jan 2017 -

    A : http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/4

  • Hélène Gervais - Abonnée 13 janvier 2017 06 h 56

    Que poutine ne s'en fasse pas trop ....

    les troupes se retireront très bientôt grâce à son grand ami trump, grâce à lui il pourra envahir tous les pays qu'il veut sans que cela fasse de vague.

  • René Pigeon - Abonné 13 janvier 2017 11 h 39

    Obama évite de reproduire la stratégie de 2012...

    ... lorsque lui et le Congrès avaient refusé de contrer Assad afin d’éviter de reproduire l’enlisement de W. en Irak et ce faisant avait laissé à Poutine l’espace libre pour prendre la première place où la Russie devenait indélogeable à moins que les Américains acceptent de déloger les Russes, ce que ni les uns ni les autres ne voulaient.