Gaza: le Hamas disperse une manifestation contre la pénurie d’électricité

<p>Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza.</p>
Photo: Mohamed Abed Agence France-Presse

Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza.

Gaza — Les forces de sécurité du mouvement islamiste Hamas ont dispersé par la force jeudi, dans la bande de Gaza, une manifestation contre la pénurie d’électricité, selon des témoins et un photographe de l’AFP.

Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, arborant des banderoles et lançant des slogans comme « nous voulons de l’électricité ».

Alors qu’ils se dirigeaient vers le siège de la compagnie publique d’électricité dans le nord du territoire, les forces du Hamas ont tiré en l’air et dispersé avec des matraques les manifestants, selon un photographe de l’AFP.

Plusieurs manifestants ont jeté des pierres sur le bâtiment.

Journalistes arrêtés

Iyad al-Bozum, un porte-parole du ministère de l’Intérieur à Gaza, a déclaré à l’AFP que le rassemblement s’était dispersé « naturellement » et que les forces de sécurité n’étaient intervenues que lorsqu’une « émeute » avait débuté.

Un photographe de l’AFP a dit avoir été frappé au visage avec une arme par un policier quand il a tenté de l’empêcher de lui prendre son appareil. Le photographe a été arrêté et la carte mémoire de son appareil confisquée. Il a été conduit sous escorte à l’hôpital où il a eu trois points de suture avant d’être relâché et de récupérer sa carte mémoire.

Un journaliste de l’agence de presse américaine Associated Press a lui été arrêté par des membres en civil des forces du Hamas qui l’ont forcé, sous la menace d’une arme, de leur donner ses téléphones portables, a rapporté l’Association de la presse étrangère (FPA) dans les Territoires palestiniens et en Israël.

La FPA a condamné ces agissements « dans les termes les plus fermes », dans un communiqué. L’AFP a également adressé une protestation aux autorités du Hamas.

Quatre heures d’électricité

La bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis 2007 et soumise à un blocus israélien et égyptien, a été le théâtre ces derniers jours de manifestations d’habitants protestant contre la dégradation de leur alimentation en électricité.

Les quelque deux millions de Gazaouis bénéficient seulement de quatre heures d’électricité par jour depuis la fin 2016, au lieu de huit heures en temps normal.

L’émissaire des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, a appelé « au respect de la liberté d’expression et au droit à manifester pacifiquement à Gaza ». Il a exhorté « toutes les autorités concernées à coopérer pour résoudre immédiatement la crise de l’électricité ».

Les Nations unies imputent la crise à de nombreux facteurs, dont la faiblesse des infrastructures, les factures impayées par les abonnés, la fermeture des tunnels passant sous la frontière égyptienne et par lesquels transitait du combustible ainsi que les dommages causés à la centrale électrique de la bande de Gaza lors des combats avec Israël.

Autre querelle

Les problèmes d’alimentation en électricité ont été aggravés récemment par une querelle entre le Hamas et le Fatah, parti rival qui domine la Cisjordanie occupée, au sujet de taxes à payer sur le combustible importé dans le territoire.

Les Gazaouis, tributaires pour les deux tiers de l’assistance internationale, dépendent pour leur alimentation en courant d’une centrale ainsi que des importations en provenance d’Israël et d’Égypte.

1 commentaire
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 12 janvier 2017 20 h 10

    … décence !

    « Les problèmes d’alimentation en électricité ont été aggravés récemment par une querelle entre le Hamas et le Fatah » (AFP)

    De ces problèmes d’alimentation, il serait souhaitable que le Fatah et le Hamas se donnent une poignée de main de fraternité et de solidarité de façon à permettre aux gazouis de s’assumer et vivre avec diligence et …

    … décence ! - 12 jan 2017 -