Accord sur Chypre «proche», mais «pas de miracles» à attendre, selon Guterres

<p>Cette Conférence <em>« historique »</em> a été convoquée à l’issue de trois jours d’intenses négociations entre les dirigeants des deux communautés chypriotes sous l’égide de l’ONU.</p>
Photo: Laurent Gillieron Agence France-Presse

Cette Conférence « historique » a été convoquée à l’issue de trois jours d’intenses négociations entre les dirigeants des deux communautés chypriotes sous l’égide de l’ONU.

Genève — Un accord sur le règlement du conflit chypriote qui dure depuis 42 ans est « proche », mais il ne faut pas « attendre des miracles », a déclaré jeudi à Genève le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

 

« Nous sommes très proches d’un règlement », a-t-il dit lors d’une conférence de presse en marge de la Conférence multilatérale organisée par l’ONU pour tenter de mettre fin à la division de l’île méditerranéenne et de créer un État fédéral.

 

Mais « vous ne pouvez pas attendre des miracles […] Il va falloir être patient. Nous ne cherchons pas un bricolage rapide, nous cherchons une solution solide et durable pour Chypre », a-t-il précisé.

 

M. Guterres, dont c’est le premier déplacement à l’étranger depuis qu’il a succédé le 1er janvier à Ban Ki-Moon, a ouvert dans la matinée la Conférence en présence des deux dirigeants chypriotes grec et turc et des chefs de diplomatie britannique, grec, turc et européen.

 

« Je veux rendre hommage au courage et à la détermination » du président chypriote grec Nicos Anastasiades et du dirigeant chypriote turc Mustafa Akinci», qui se tenaient à ses côtés, a-t-il déclaré. Les deux dirigeants ont négocié âprement depuis lundi pour préparer le terrain à cette conférence « historique », sans toutefois parvenir à régler toutes les questions qui séparent les deux communautés de l’île.

 

« Il y a encore du chemin à parcourir, du travail à faire », a reconnu le secrétaire général. « Nous devons trouver les instruments qui permettront la mise en œuvre des accords auxquels nous allons parvenir. »

 

M. Guterres a indiqué que les travaux de la Conférence allaient reprendre en fin d’après-midi, mais n’a pas dit s’ils se poursuivraient vendredi.

 

Mercredi soir, au dernier jour des négociations intrachypriotes organisées sous l’égide de l’ONU, MM. Anastasiades et Akinci ont pour la première fois échangé des cartes sur leur vision du futur État fédéré.

 

Mais beaucoup de divergences subsistent sur les « questions intérieures » telles que la restitution des propriétés spoliées, le découpage territorial ou la gouvernance du futur État.

 

Chypre est divisée depuis l’échec d’un coup d’État visant à rattacher l’île à « la Grèce des colonels » en 1974 et l’invasion de l’armée turque au nord.

 

Depuis, des Casques bleus de l’ONU contrôlent la « ligne verte », une zone tampon démilitarisée séparant les deux communautés.