Les nouvelles règles de l’espionnage

C'est sur le pont Glienicke, qui reliait Berlin est et Berlin ouest, qu'ont eu lieu nombre d'échanges d'espions à l'époque de la guerre froide.
Photo: Agence France-Presse C'est sur le pont Glienicke, qui reliait Berlin est et Berlin ouest, qu'ont eu lieu nombre d'échanges d'espions à l'époque de la guerre froide.

De l’empoisonnement au polonium jusqu’au piratage informatique : les techniques d’espionnage entre la Russie et les États-Unis ont connu toute une évolution. Si certains prétendent au retour de la guerre froide, force est d’admettre que les méthodes — et la nature même des coups bas — ne sont plus les mêmes.

Avec la prolifération des cyberattaques — et des méthodes d’attaque par hameçonnage —, on est aux antipodes des techniques des espions russes du milieu du XXe siècle. Rudolf Abel (alias William Fischer), dont Spielberg vient de raconter la vie dans son film Le pont des espions, communiquait pour sa part des informations sur le nucléaire via des « boîtes aux lettres mortes » placées un peu partout dans New York.

Jeudi, le rapport publié par le FBI et le département américain de la Sécurité intérieure faisait état de deux méthodes d’hameçonnage qu’auraient utilisées les pirates russes pour s’immiscer dans les secrets du Comité national démocrate pendant la dernière élection américaine, ce qui a amené Barack Obama à riposter par l’expulsion de 35 diplomates russes. D’autres sanctions sont à prévoir, et les experts s’entendent pour dire qu’elles prendront la forme de cyberattaques, plus sournoises et dommageables. Oeil pour oeil, dent pour dent, se sont dits les États-Unis.

Réécriture

C’est que Vladimir Poutine, ex-membre du KGB, semble avoir entrepris de réécrire certaines règles de l’espionnage, « une activité dont il a été lui-même, à l’époque de l’Union soviétique, un opérateur plus classique », suggère le journal Le Monde dans son éditorial.

« Plusieurs services de renseignement européens ont récemment lancé des mises en garde sur une menace similaire pesant sur les campagnes électorales prévues cette année dans l’UE, en particulier en France et en Allemagne. »

Donald Trump ne devrait pas prendre cela à la légère lorsqu’il accédera au pouvoir le 20 janvier prochain. Car c’est bien la démocratie qui est visée, dit encore Le Monde. « La réalité du pouvoir et du défi russes pourrait bien lui ouvrir les yeux, plus rapidement qu’il ne le pense. »