Après les sanctions américaines, Moscou joue l’apaisement

Le président de la Russie, Vladimir Poutine
Photo: Michael Klimentyev / Sputnik / Agence France-Presse Le président de la Russie, Vladimir Poutine

Le président Vladimir Poutine a créé la surprise vendredi en décidant de « n’expulser personne » en réponse à l’expulsion par Washington de 35 « agents russes » après des accusations d’ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine.

Alors que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, proposait de déclarer « persona non grata 31 diplomates de l’ambassade des États-Unis à Moscou et quatre du consulat américain à Saint-Pétersbourg », M. Poutine a joué l’apaisement et assuré que la Russie n’allait « pas créer de problèmes aux diplomates américains ».

« Nous n’allons expulser personne […] Nous n’allons pas tomber au niveau d’une diplomatie irresponsable », a souligné M. Poutine dans un communiqué, qualifiant les nouvelles sanctions de Washington de « provocatrices » et visant à « miner davantage les relations russo-américaines ».

Il a également rejeté une proposition de M. Lavrov qui, au nom du principe de réciprocité, demandait d’interdire aux diplomates américains l’utilisation d’une maison de campagne dans la banlieue de Moscou.

En attendant Trump

La Russie se réserve toutefois « le droit de prendre des mesures de rétorsion » et « restaurera les relations russo-américaines au vu de ce que sera la politique du président américain désigné Donald Trump », a précisé M. Poutine.

Il a par ailleurs adressé un message de fin d’année à M. Trump, exprimant l’espoir qu’après son investiture le 20 janvier, « les deux États […] pourront prendre des mesures réelles visant à rétablir les mécanismes de la coopération bilatérale dans différents domaines ».

M. Trump a salué l’ « intelligence » de la réaction de M. Poutine, dans un tweet : « Bien joué, le report — J’ai toujours su qu’il était très intelligent ! », a-t-il écrit, en référence à sa décision de ne pas répondre immédiatement aux sanctions américaines.

Les mesures annoncées jeudi par Barack Obama, moins d’un mois avant son départ de la Maison-Blanche, prévoient notamment l’expulsion de 35 personnes accusées d’être des membres du renseignement russe et la fermeture de deux sites russes dans le nord-est des États-Unis considérés comme des bases utilisés par ces agents.

Le GRU (services secrets de l’armée) et le FSB (service Fédéral de Sécurité, ex-KGB) font l’objet de sanctions économiques, tout comme quatre dirigeants du GRU, dont son chef, Igor Korobov.

L’administration américaine accuse la Russie d’avoir orchestré des piratages informatiques qui ont mené au vol et à la publication de milliers de courriels de responsables démocrates, brouillant le message de la candidate Hillary Clinton.

Le Kremlin rejette « catégoriquement » ces « accusations infondées ».

Mesures à venir

Moscou a par ailleurs annoncé l’envoi d’un avion spécial parti chercher les diplomates russes et leurs familles obligées de quitter les États-Unis dans les 72 heures. Selon la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, 96 personnes au total vont quitter les États-Unis.

Les sanctions ne s’arrêteront pas là, a précisé M. Obama, prévenant que son pays prendra d’autres mesures, y compris des opérations secrètes dont le public ne sera pas informé.