L’Australie veut (à nouveau) tourner le dos à Elizabeth II

Le premier ministre australien, Malcolm Turnbull
Photo: Saeed Khan Agence France-Presse Le premier ministre australien, Malcolm Turnbull

Le premier ministre australien a remis sur la table un sujet qui a le don de diviser : l’instauration de la république. Même si la reine Elizabeth II reste populaire en Australie, certains tourneraient bien la page de la monarchie. « Notre chef d’État devrait être l’un des nôtres », a proclamé samedi 17 décembre Malcolm Turnbull, à l’occasion du 25e anniversaire du Mouvement républicain australien, qu’il avait contribué à lancer.

Le premier ministre, chef du Parti libéral, s’était en effet fait connaître en prenant la tête de la mobilisation pour un changement de régime. Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2015, il était resté discret sur le sujet, probablement pour éviter de contrarier ses collègues conservateurs, parmi lesquels se trouvent bon nombre de monarchistes. Il sait aussi combien le sujet est glissant : lors d’un référendum, en 1999, près de 55 % des Australiens avaient voté pour le maintien de la monarchie.

Populaire monarchie

M. Turnbull veut éviter de reproduire les erreurs du passé et a proposé quelques pistes pour que la république gagne les coeurs des Australiens. Il faudra être patient, estime le premier ministre : « Il est difficile de voir comment ce sujet pourrait retourner sur le devant de la scène tant que règne Elizabeth II. »

De récentes études d’opinion montrent que la monarchie a gagné en popularité. Le mariage du prince William et de Kate Middleton aurait beaucoup joué. « Aujourd’hui, une république ne s’impose pas, mais nous pouvons changer cela en travaillant ensemble, a-t-il déclaré. Maison après maison, rue après rue, quartier après quartier : nous devons faire comprendre à nos compatriotes que nous méritons notre propre chef d’État. »

Avant même un éventuel référendum, il faudra déterminer si les Australiens préfèrent un chef d’État élu au suffrage universel direct ou indirect. Cette étape avait conduit à enterrer une première campagne en faveur de la république en 1999, déjà menée à l’époque par M. Turnbull. Sitôt son discours prononcé, il a été critiqué par des élus de son camp. Il a surtout été accusé de se détourner des sujets qui compteraient davantage pour ses citoyens, comme le prix de l’électricité, le montant des retraites ou la santé de l’économie. Pour le président de la Ligue monarchiste australienne, Philip Benwell, M. Turnbull se doit de rester « neutre » : « C’est totalement inapproprié, il est à la tête du gouvernement de Sa Majesté », a-t-il réagi.

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