Aristide a pris la bonne décision, selon Denis Coderre

Le président haïtien Jean-Bertrand Aristide «a fait ce qu’il fallait faire» en démissionnant de son poste, a soutenu hier le ministre responsable de la Francophonie, Denis Coderre lors de son assemblée d’investiture dans la circonscription de Bourassa.

Selon M. Coderre, qui a participé la semaine dernière à une mission internationale en Haïti, la démission du président haïtien ne remet aucunement en question le plan de transition établi par la communauté internationale, en collaboration avec la CARICOM (Communauté et marché commun des Caraïbes).
M. Coderre assure que le gouvernement canadien va «empêcher tout vide constitutionnel» en Haïti. «On va s’assurer que, sur le plan politique, on met les bases d’une fondation solide pour refaire Haïti. Il ne faut pas qu’Haïti soit un perpétuel recommencement», a déclaré le ministre.
Il estime cependant que le point prioritaire à l’heure actuelle, «c’est de protéger la population haïtienne et d’empêcher tout massacre». Il a confirmé à cet égard que le Canada allait participer à tout effort international pour sécuriser le pays. L’ONU doit d’ailleurs organiser aujourd’hui une réunion avec divers membres de la communauté internationale pour mettre sur pied un plan de stabilisation en Haïti. «Le Canada est prêt à prendre ses responsabilités», a affirmé M. Coderre.
Le président du Conseil national des citoyens d’origine haïtienne (CONACOH), Keder Hyppolite, a lui aussi affirmé hier qu’il fallait sécuriser le pays avant de discuter de politique. «Ce qui me préoccupe le plus, c’est le soutien que l’on va apporter aux gens qui souffrent actuellement. Il y a des gens qui sont pris entre deux feux et qui continuent de mourir. Le sang a assez coulé et il faut que ça s’arrête. Il faut s’occuper de la population d’abord, et ensuite de la réconciliation», soutient M. Hyppolite.
«Ce qui m’inquiète aussi au plus haut point, ce sont les gens qui ont pris les armes. Comment on va les désarmer?, demande-t-il. Les armes ne sont pas arrivées du jour au lendemain en Haïti. Il y a plusieurs caches d’armes sur le territoire. Il faut désarmer ces personnes et entamer un dialogue sérieux pour éviter le chaos», conseille M. Hyppolite.
Il espère cependant que, cette fois-ci, «on ne va pas essayer de trouver un messie pour gouverner le pays. Il faut simplement trouver quelqu’un qui a un projet politique concret. Il ne faut pas y aller en aveugles et il faut absolument refaire les institutions politiques avant même de parler de gouvernement et d’élections», a-t-il conclu.

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