Entre 1950 et 2002 aux États-Unis - 4% des prêtres ont commis une agression

Washington — Ébranlée depuis deux ans par un scandale pédophile, l'Église catholique américaine a rendu publique hier une étude qui montre qu'en cinquante ans 4400 prêtres ont été accusés d'avoir agressé 11 000 enfants aux États-Unis.

L'étude réalisée par le John Jay College of Criminal Justice à New York révèle que le nombre de prêtres accusés d'agression sexuelle sur des enfants s'élève à 4392, soit 4 % de l'ensemble des 110 000 prêtres ayant été en fonction entre 1950 et 2002.

Quelque 10 667 personnes ont affirmé avoir été victimes de ces prêtres, dont 81 % d'hommes et

19 % de femmes. Les hommes affirment à 40 % avoir été agressés sexuellement quand ils avaient entre 11 et 14 ans.

«Je réaffirme nos excuses à tous ceux d'entre vous qui ont été victimes de ceux parmi nous qui ont violé votre confiance», a déclaré le président de la Conférence des évêques catholiques américains (USCCB), Mgr Wilton Gregory, lors d'une conférence de presse à Washington.

L'USCCB, qui a commandé cette étude pour montrer sa volonté de faire la lumière sur le scandale, s'engage «à faire tout son possible pour que cela ne se reproduise plus», a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt, il avait précisé dans un communiqué que l'Église catholique américaine avait muté environ 700 prêtres et diacres depuis janvier 2002 à des postes sans contact avec des enfants.

Le scandale des prêtres pédophiles aux États-Unis a secoué la communauté catholique américaine début 2002, notamment l'archevêché de Boston. Des millions de dollars d'indemnisation ont été demandés lors de plusieurs procès. L'archevêque de Boston, le cardinal Bernard Law, a démissionné en décembre 2002 de son poste, après avoir été accusé d'avoir couvert systématiquement le scandales de prêtres pédophiles.

«Pendant des années et des années, les gens ont minimisé le problème en disant qu'il s'agissait seulement d'une poignée de prêtres. Puis Boston est arrivé, et les gens ont à nouveau voulu minimiser le problème. C'est un problème large, lié au système et aux racines profondes», a dénoncé David Clohessy, directeur du Réseau des survivants de victimes de prêtres (SNAP), lors d'une conférence de presse.