Les dirigeants africains veulent une politique de sécurité commune

Syrte — Les dirigeants africains réunis à Syrte, en Libye, ont élaboré hier une politique de défense commune afin de donner à l'Union africaine le droit et les moyens d'intervenir dans les conflits armés du continent, ont déclaré des responsables de l'UA.

«Deux questions vitales vont dominer le sommet, deux secteurs clés: une politique de défense et de sécurité et l'exploitation optimale des ressources agricoles et hydrauliques», a déclaré l'ancien président malien Alpha Omar Konaré, président de la Commission de l'UA, dans son discours d'ouverture du sommet de deux jours réuni dans la ville natale du président libyen Muammar Kadhafi.

Les dirigeants africains, tous présents à l'exception du président zimbabwéen Robert Mugabe, qui participe au Venezuela à un sommet des pays en développement, devraient adopter une politique de défense et de sécurité commune.

Un projet de document préparé par les ministres de la Défense prévoit la création d'une force africaine de réaction rapide.

Elle serait chargée de l'aide humanitaire et du maintien de la paix, mais elle pourrait aussi intervenir dans un état membre en cas de guerre civile ou de génocide.

Elle dépendrait du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, instance calquée sur le Conseil de sécurité des Nations unies.

Le document souligne que les guerres et les conflits civils tels que ceux qui sévissent actuellement au Burundi, en République démocratique du Congo et au Soudan, sont les principaux obstacles au développement et transforment des consommateurs et des producteurs potentiels en personnes déplacées tout en tenant à l'écart les investisseurs étrangers.

Une proposition libyenne de démantèlement de toutes les armées nationales au profit d'une force commune à tout le continent devrait être rejetée.

Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, a promis une contribution de 250 millions d'euros de l'Union européenne aux efforts de maintien de la paix de l'UA. L'Afrique est et restera une priorité pour l'UE, a-t-il dit aux participants avant que ceux-ci ne se réunissent à huis clos.

Prodi a rendu hommage à la Libye pour son rôle de pont entre l'Afrique et l'Europe, ajoutant que Tripoli a pris récemment des initiatives très courageuses, allusion à sa décision, en décembre, de démanteler ses armes de destruction massive pour tenter de normaliser ses relations avec l'Occident.

Kadhafi a joué un rôle moteur dans la transformation de l'Organisation de l'unité africaine en Union africaine, en 2002.

Mais son idée d'États-Unis d'Afrique a trouvé peu d'écho sur le continent. «Nous ne sommes pas un continent de pauvres», a-t-il déclaré aux participants au sommet. «Nos ressources naturelles et humaines nous autorisent à devenir une force comparable aux États-Unis et à l'Union européenne».