Ankara poursuit sa purge et limoge 15 000 fonctionnaires de plus

Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan
Photo: Adem Altan agence france-presse Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan

Istanbul — Plus de 15 000 fonctionnaires supplémentaires ont été limogés par le gouvernement turc dans le cadre des purges lancées après la tentative de coup d’État en juillet, selon deux décrets parus mardi au Journal officiel.

Selon ces décrets, 15 726 personnes ont été limogées, dont près de 7600 membres des forces de la sécurité intérieure, 2700 du ministère de l’Intérieur et quelque 1200 de l’Enseignement.

Par ailleurs, 375 associations, neuf médias et 19 structures médicales privées ont été fermés par ces décrets.

Ces mesures sont prises dans le cadre de l’état d’urgence instauré après la tentative de putsch de juillet. Les autorités turques accusent Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux États-Unis, d’avoir ourdi le coup d’État raté, ce que l’intéressé dément.

Nous savons que l’État n’a pas encore été entièrement nettoyé de ces renégats

 

Depuis le putsch manqué, plus de 35 000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plusieurs dizaines de milliers de professeurs, policiers et magistrats, notamment, ont été limogés ou suspendus.

Par ailleurs, 20 employés de la prison de Silivri, dont le directeur, ont été placés en garde à vue mardi, soupçonnés d’utiliser une application de messagerie sécurisée prisée des gulénistes.

 
Inquiétudes à l'international

D’une ampleur inédite en Turquie, ces purges suscitent l’inquiétude des partenaires occidentaux de la Turquie et d’organisations de défense des droits de l’Homme, qui redoutent que l’état d’urgence en vigueur ne serve de prétexte pour réprimer toute voix dissidente.

L’Union européenne (UE) a vivement critiqué l’arrestation de députés prokurdes et de journalistes d’opposition, suscitant la colère du président Recep Tayyip Erdogan qui a évoqué un référendum pour décider de poursuivre ou non les négociations d’adhésion au bloc européen.

La fermeture des ONG annoncée mardi « fait partie d’un processus systématique des autorités turques de faire taire définitivement toute voix critique », a dénoncé le directeur pour l’Europe d’Amnesty International, John Dalhuisen.

Le gouvernement turc soutient pour sa part que ces mesures d’exception, prises dans le cadre de l’état d’urgence, sont nécessaires pour éliminer le risque d’une nouvelle tentative de putsch.

« Nous savons que l’État n’a pas encore été entièrement nettoyé de ces renégats », a déclaré mardi le président Erdogan.

« Il s’en trouve encore dans notre armée, dans nos forces policières, dans notre système judiciaire, dans différentes institutions de l’État », a-t-il prévenu.

Et d’ajouter : « Nous poursuivrons jusqu’au bout notre lutte contre ces terroristes avec la même détermination. »