Line Beauchamp dépose ses lettres de créance à l’Élysée

Line Beauchamp est arrivée à Paris à la fin du mois d’août.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Line Beauchamp est arrivée à Paris à la fin du mois d’août.

Arrivée depuis le 22 août dans la capitale française, la nouvelle déléguée générale du Québec à Paris, Line Beauchamp, a finalement déposé ses lettres de créance la semaine dernière à l’Élysée. Dans ses échanges avec le gouvernement français, cette ancienne ministre de l’Éducation du Québec, qui succède à Michel Robitaille, entend donner, dans l’immédiat, la priorité au renforcement de l’accessibilité des contenus en français sur les réseaux numériques.

Abordée lors de la visite du premier ministre français, Manuel Valls, au Québec le mois dernier, cette question pourrait faire l’objet d’une initiative franco-québécoise dans les prochains mois, dit-elle. « Je crois que l’ambition politique peut faire la différence » dans ce domaine qui est « crucial afin d’assurer que les contenus en français sur Internet trouvent leur public », affirme la nouvelle déléguée qui s’est entretenue la semaine dernière avec le président François Hollande.

Avec une demi-douzaine de nouveaux diplomates, Line Beauchamp a été reçue à l’Élysée entre le nouvel ambassadeur britannique et le nouveau représentant du Soudan du Sud. Elle a parlé pendant un peu plus de cinq minutes avec François Hollande.

« Le président a réitéré que la relation avec le Québec était une relation importante », dit-elle. Mais il a surtout été question de la ratification de l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne (AECG). « Je veux calmer les inquiétudes en France et en Europe, dit-elle. Et démontrer les avantages de cet accord de nouvelle génération qui sert bien nos intérêts mutuels. » L’accord doit être soumis au Parlement européen en décembre. Il devra ensuite être ratifié par les 28 pays membres.

La nouvelle déléguée dit aborder son nouveau mandat « avec humilité », mais aussi avec « ambition ». Du traité de l’UNESCO sur la diversité culturelle (signé par 140 pays) à l’AECG, en passant par les Accords de reconnaissance mutuelle (ARM) (qui facilitent la mobilité de la main-d’oeuvre), elle s’étonne du nombre d’initiatives franco-québécoises qui ont eu une portée internationale. « Ce qui m’impressionne, ce sont ces grands dossiers où, à partir de la relation avec la France, nous avons eu des résultats qui ont eu un impact dans le monde », dit-elle.

Un climat morose

La déléguée est d’ailleurs convaincue que l’AECG deviendra une référence ailleurs dans le monde parce qu’il reconnaît « le droit de réglementer des États ». Elle est cependant consciente d’arriver en France non seulement en période de campagne présidentielle, mais à un moment où règne une certaine morosité.

« Aujourd’hui, en France, nous sommes dans un climat teinté de morosité, dit-elle. Je trouve que le regard que les Français portent sur eux-mêmes est sévère. La France est pourtant un pays qui excelle dans beaucoup de domaines, comme la recherche et l’innovation scientifique. Je me plais à leur dire qu’ils habitent un pays formidable. Il faut le dire et le redire. »

Je veux calmer les inquiétudes en France et en Europe

 

Parmi la liste des priorités inscrites dans sa lettre de mission, elle mentionne « la place du français en Afrique » à propos de laquelle « il y a un vrai désir d’agir avec la France », dit-elle. Le prochain sommet de la Francophonie, qui se tiendra à Madagascar les 26 et 27 novembre prochains devrait par ailleurs annoncer la création d’un « réseau francophone de lutte contre la radicalisation ». « Il y a vraiment une volonté de collaborer sur les questions de sécurité », dit-elle.

La déléguée entend enfin renouveler le contrat qui a confié la Bibliothèque Gaston-Miron à l’Université Paris III il y a trois ans déjà. Alors que le contrat sera rediscuté l’an prochain, Line Beauchamp dit qu’il faudra trouver des façons d’améliorer le référencement dans les banques de données françaises des ouvrages du plus grand fonds documentaire québécois hors des frontières du Québec.

L’année qui vient sera une année d’élection présidentielle. De quel oeil verrait-elle l’éventuelle élection à la présidence d’Alain Juppé, un vieil ami du Québec aujourd’hui favori des sondages ? « On va laisser les Français faire leur choix », dit-elle, avant d’ajouter : « Quel que soit le président, on a toujours su tirer notre épingle du jeu. »

3 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 14 novembre 2016 09 h 38

    Que de veine!


    Paris! Quelle belle planque pour l'ancienne ministre! Pour un ou une diplomate, la vie s'y coule bien douce et agréable. On n'y connaît que le beau côté de Paris. Mais dans cette ville, il y a de tout, du plus beau au plus laid. Comme dans toutes les grandes villes. Paris demeure cependant toujours la plus belle grande ville du monde, que l'on découvre à pied.

    M.L.

  • Gilles Théberge - Abonné 14 novembre 2016 10 h 17

    Après avoir cassé sa pipe auprès des étudiants québécois en 2012, et malgré le fait qu'elle ait participé avec son conjoint d'alors Pierre Bibeau à des petits déjeuners douteux au club privé, Line a connue une courte période à ronger son frein dans l'anonymat.

    Puis, depuis le retour des libéraux, elle a été récupérée par le Canada/Québec au sein de l'UNESCO et enfin la voilà "ambassadrice".

    Morale: c'est pas nécessaire d'avoir une "morale" au dessus de tout soupçon, quand on est libéral...

    J'espère que le prochain premier ministre du Québec s'en souviendra !

  • Pierre Jacques Savard - Abonné 14 novembre 2016 13 h 33

    La France retient son souffle !!!

    Nous sommes en visite à Paris depuis une quinzaine de jours !! Hier durant les cérémonies de commémoration du Bataclan , nous avons vu à la télévision que Hollande répondait au téléphone ! Les journalistes nous ont affirmé qu'il venait de recevoir les lettres de Creanace de notre représentante .....HIHIHI la France l'a reçue en même temps que l'ambassadeur du Soudan !!! On voit l'importance du mandat !!