Lendemain de séisme au Maroc - Les survivants expriment leur colère

Al-Hoceima - Des dizaines de personnes ont bloqué hier une route dans le nord du Maroc pour protester contre l'insuffisance de l'aide des autorités après le tremblement de terre qui a fait près de 600 morts.

Un jour et demi après le séisme, un groupe de survivants s'est assis au milieu d'une route reliant le port méditerranéen d'al-Hoceima à l'intérieur du pays, interrompant tout trafic. «Nous avons passé la nuit sous la pluie, dans le froid. Il faut que ça s'arrête, martèle Ahmed Mnabhi. Nous voulons des matériaux de construction, des briques, du ciment, du fer, pour reconstruire nos maisons», explique ce chômeur de 26 ans.

L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise d'heure en heure dans les villages de montagne difficiles d'accès aux abords d'al-Hoceima, au pied de la chaîne du Rif.

Le bilan provisoire fait état de 565 morts mais les autorités craignent qu'il ne s'aggrave à mesure que les secours atteindront les zones les plus reculées. Le séisme, d'une magnitude de 6,5 sur l'échelle de Richter, a ébranlé toute la région dans la nuit de lundi à mardi et plusieurs dizaines de répliques ont été ressenties depuis. Ces répliques ont fortement éprouvé les nerfs des survivants.

Il s'agit de la plus grave catastrophe naturelle qu'ait subie le Maroc depuis plus de 40 ans. En février 1960, un séisme avait rasé la ville d'Agadir, sur la côte atlantique, tuant plus de 12 000 personnes.

Nombre de survivants ont laissé éclater leur colère. «À la télé, ils ont dit qu'on distribuait de la nourriture, des couvertures, mais nous n'avons rien vu de toute cette aide d'urgence», raconte Mohamed Benhaddou, assis parmi les manifestants.

L'aide internationale a commencé à s'organiser hier, notamment avec l'arrivée des premiers vols humanitaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge chargés de couvertures, de lits et autres fournitures.